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Nine Inch Nails

Révolution industrielle

mardi 14 février 2006, par David Mollet

Nine Inch Nails, ce n’est pas seulement Trent Reznor, c’est aussi un impact marquant sur toute une génération qui ne savait plus sur quel pied danser suite à l’explosion pop des années 80. En effet, le groupe a influé de manière contagieuse sur les années 90 et ce, dans plusieurs disciplines artistiques. En musique, l’influence s’est fait ressentir à travers des formations comme Korn, Marylin Manson et Prodigy. Même les vieux de la vieille comme David Bowie y ont adhéré en 1994-96 avec les chefs d’œuvre Outside et Earthling. En cinéma, on peut certifier que les univers glauques de The Crow, Lost Highway et Natural Born Killers n’auraient pas atteint leur apothéose, sans la présence agréablement malsaine de Trent Reznor, devant et derrière la console. La question reste maintenant à découvrir l’intention derrière With Teeth, premier album de NIN en ce nouveau millénaire. Après avoir écouté les 2 premières pistes, on a déjà une assez bonne idée de ce que ce nouvel album nous propose. Plus direct que The Fragile mais aussi moins solide et surtout moins pertinent que Pretty Hate Machine, With Teeth délaisse l’ambiance au profit du rythme, voir même des stantards de la diffusion radio. Sur The Fragile, NIN développait une musique plus élaborée, plus cinématographique et plus nuancée, sans perdre de son agressivité. En cela, cet album reste à ce jour le plus abouti en amenant encore plus loin le discours du brillant Downard Spiral. Avec With Teeth, NIN jongle entre le passé et les tendances commerciales ; avec efficacité, il faut le reconnaître. Cela étant dit, même si ce dernier album manque de cohérence entre les chansons, il renferme tout de même quelques pièces fort intéressantes. Les bons groupes industriels ont compris que la raison d’être du bruit prend forme lorsqu’elle est confrontée au silence. Les très bruyants Einstürzende Neubauten, grand pères allemands de cette révolution industrielle, avaient déclaré lors d’une entrevue en 2004, qu’en 1981, le bruit était leur principal outil de révolte. Actuellement, cette notion se retrouve tellement partout que c’est désormais le silence qui devient l’outil de révolte. NIN nous propose sur cet album deux beaux exemples de minimalisme qui vont dans cette direction, en conclusion à cette nouvelle œuvre, finalement très agressive et écrasante (Beside you in time et Right where it belongs).

NIN fait maintenant partie des groupes qui inspirent le respect de tous. La preuve : leur spectacle au Centre Bell le 11 novembre dernier réunissaient des fans de 18 à 50 ans, incluant des punks, des gothiques, des emos, des straights (bien que pas si straight que ça) et tenez-vous bien, même des hippies ! Il faut croire que le pot est plus fort que dans le passé. N’ayant rien perdu à son charisme, NIN demeure synonyme de White Noise harmonieux, de « new wave » revisité, de techno-industriel, tandis que Reznor apparaît encore comme un troublant croisement entre Bono et Lucifer. La ville de Québec en aura définitivement pour son argent le jeudi 2 mars prochain au Colisée Pepsi.

A redécouvrir :

NIN - The Fragile (1999) NIN - The Downard Spiral (1994) NIN – Pretty Hate Machine (1989) Einstürzende Neubauten – Perpetuum Mobile (2004) David Bowie – Outside (1995) Lost Highway – Soundtrack (1997) The Crow – Soundtrack (1994)

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