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Lorsque la nuit tombe

samedi 18 avril 2009, par Administrateur

Pour Erik Peters, la nuit est le grand moment de prédilection. Caméraman pour le réseau TVA, Erik Peters cumule plus de 18 années d’expérience sur les faits divers ainsi que sur les dossiers criminels. À bord de son camion, il arpente les quatre coins de la grande région montréalaise afin de couvrir les moindres évènements nocturnes.

Sa carrière est un concours de circonstances assez exceptionnel. Débutant comme photographe sur les plateaux des téléromans dans les années 1980, il est réassigné auprès des caméramans couvrant les nouvelles sportives, en particulier les pratiques du Canadien de Montréal. C’est en 1990, lors de la crise d’Oka, qu’Erik Peters se voit offrir l’occasion de faire ses preuves. Il couvre la crise en direct sur une période de 21 jours. Après trois semaines sur le terrain, il est attitré au poste de caméraman dans le cadre de l’émission 9-1-1. Cette émission couvre alors les actualités judiciaires. Il accepte l’offre et pour près de deux ans, il est le seul caméraman attitré à l’émission. C’est en 1992 qu’il devient patrouilleur de nuit officiel aux faits divers pour le réseau TVA. Il occupe ce poste depuis.

Une routine familière

22hres. La nuit débute. Le caméraman aguerri commence sa ronde nocturne. Cette ronde dure neuf heures. Il fait cela cinq nuits par semaine. Sa tournée s’étend sur plus d’une centaine de kilomètres dans la grande région de Montréal. Certaines nuits, il atteint Trois- Rivières ou Sherbrooke.

Un emploi du temps exigeant

Erik Peters ne se plaint pas des défis à couvrir l’actualité nocturne. Travailler de nuit demande une adaptation physique importante. Il dort un minimum de 5 heures par jour. Son corps s’est conditionné à ce mode de vie depuis. Il sommeille entre 11 heures et 14 heures ainsi qu’en début de soirée, entre 19 heures et 21 heures. « Tout le monde a des contraintes face à son métier », constate le vétéran. Il se considère toutefois chanceux d’avoir un horaire de nuit stable contrairement aux policiers qui fonctionnent sur un mode de rotation. Il apprécie aussi le fait qu’il n’y a pas de trafic ni avant ni après son quart de travail. Il arrive à établir une bonne conciliation travail-famille car sa conjointe travaille aussi dans le milieu du journalisme.

Il se trouve particulièrement chanceux de faire de sa passion, son métier. «  Je suis payé pour faire ce que j’aime  : un hobby et un travail. Très jeune, je faisais de la radio citoyenne (CB) », exprime-t-il. Il constate que le défi plus difficile est de dormir en plein jour.

il admet avoir toujours de la difficulté à couvrir des situations présentant des crimes envers les mineurs. Lui-même père de trois jeunes enfants, il a souvent beaucoup de difficulté à assister à des scènes où des parents apprennent voient leur existence basculé.

Lors des nuits tranquilles, il fait de l’écoute. Muni de dix radios, il capte simultanément les différentes fréquences afin de demeurer à l’affût de la moindre information susceptible de faire la manchette. « On est toujours dans l’attente de la grosse histoire. Il ne faut surtout pas manquer l’instant », souligne-t-il. Dans ce brouhaha, il tente de décoder les informations principales  : où, quand comment, quoi ?

Les yeux des téléspectateurs

Après plus d’une décennie dans ce milieu, Erik Peters a toujours le feu sacré pour la couverture de moindres fait divers pendant que la majeure partie de la population dort sur ses deux oreilles. Il admet qu’il faut un caractère particulier afin de couvrir certaines scènes de crime. Il se souvient, il y a quelques années, la couverture d’un accident mortel : un jeune conducteur avait percuté un arbre. Les policiers avaient établi un périmètre de sécurité sur les lieux du drame alors qu’il filmait. Une dame s’est alors approchée du périmètre de sécurité et ce, malgré les avertissements du caméraman. La dame a alors été horrifiée de la gravité de l’accident.

Erik Peters explique que sur plusieurs scènes de crime ou d’accident, les gens sont naturellement et spontanément attroupés. « C’est un peu comme une tarte. Un tiers des gens s’arrête et s’intéresse à l’événement. L’autre tiers n’aime pas trop voir, mais assiste tout de même. Le dernier tiers ne veut absolument rien savoir de l’événement. »

Sa plus belle couverture dans les derniers mois a été la dix-neuvième arrestation d’un homme pour état d’ébriété. Lors de cette couverture, ce chauffard avait alors fauché la vie d’une jeune femme, histoire qui a soulevé l’indignation du Québec.

Les faits divers sont parfois sanglants, mais le caméraman s’assure toujours d’éviter de tourner ce genre de scènes. Il se protège de tenir compte des images présentées aux téléspectateurs. «  Partout dans le monde, on présente des faits divers qui débutent les bulletins de nouvelles », déclare-t-il.

Cependant, il admet avoir toujours de la difficulté à couvrir des situations présentant des crimes envers les mineurs. Lui-même père de trois jeunes enfants, il a souvent beaucoup de difficulté à assister à des scènes où des parents voient leur existence basculée.

Les images d’Erik Peters demeurent subjectives. « Il est important pour les téléspectateurs de voir des images de ce genre. Ça les éduque et les sensibilise. C’est dur, mais c’est comme ça », confesse-t-il. Il prend comme devise un monologue d’Yvon Deschamps où l’humoriste expliquait que les gens n’ont pas besoin de savoir mais bien de voir. Dans le cas de ces événements, il est essentiel de voir la nouvelle afin de saisir son impact.

(Photo : Collaboration spéciale TVA)

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