
| Wariwulf - T.1 : Le premier des R.J | |
|---|---|
| de Bryan Perro | |
| Éditions Les intouchables | 2008 |
| 380 pages | 24,95$ |
Bryan Perro a fait sa marque en tant qu’auteur grâce à une série devenue culte, ici comme ailleurs, celle d’Amos Daragon. L’écriture pour les jeunes n’est cependant pas son seul talent, tant s’en faut, puisqu’il a également été le scénariste de deux spectacles, dont Eclyps, présenté à la Cité de l’énergie de Shawinigan depuis l’été 2007, en plus de créer trois petits récits génialement affreux, notre préféré demeurant celui de Marmotte (éditions Les Intouchables). Bryan Perro est également passionné par un sujet depuis ses études à l’UQÀM : les loups-garous. Il était donc tout à fait naturel qu’un jour il leur consacre un livre ou mieux, une série. C’est finalement la seconde option qui l’a emporté avec Wariwulf, dont le premier tome est paru il y a quelques mois. Tout comme dans Amos Daragon, l’auteur a su habilement mêler dans cette nouvelle saga une base importante de connaissances puisées à même les mythes fondateurs des quatre coins de la planète avec une histoire palpitante et accessible. Dans ce premier tome, nous nous envolons pour la merveilleuse Byzance à une époque où le monothéisme n’avait pas encore remplacé toutes les croyances ancestrales. La déesse des loups, Börte Tchinö, attend la naissance d’un être supérieur, mi-homme mi-animal, qui gouvernera le monde, le Râjâ. C’est le point de départ d’une longue ballade dans l’imaginaire et le mystère d’une race qui a marqué de nombreuses cultures. À découvrir.

| Vargold | |
|---|---|
| de Jacques Lazure | |
| VLB éditeur | automne 2008 |
| 432 pages | 27,95$ |
Voici un roman d’épouvante de la pure tradition des conteurs québécois du XIXe siècle. Ce qui peut paraître étonnant au premier abord si on a déjà lu Jacques Lazure, dont le très réussi Objets de guérison, dédié aux objets qui survivent aux êtres, nous a habitué à une approche beaucoup moins crue des choses. Vargöld est cependant un vrai thriller dont il est d’autant plus difficile de se détacher qu’il questionne nos peurs les plus intimes. En effet, si le Bien et le Mal ne sont plus aujourd’hui aussi diamétralement opposés qu’auparavant dans nos esprits, au XIXe siècle ils représentaient encore beaucoup aux yeux de simples bûcherons. Si bien que pour plusieurs d’entre eux, morts assassinés de manière très barbare dans les forêts de la Haute- Gatineau, le Malin, et tous ses suppôts nocturnes – loups-garous, fantômes ou encore sorciers – sont invoqués par les travailleurs. Le jeune Abbé Antoine Verreau, venu afin de bénir les lieux, devra mettre ses talents d’exorciseur à l’œuvre et surtout se doter d’une bonne dose de courage afin d’affronter celui qui a perpétré ces meurtres. Un roman d’une belle facture.

| Blackwood | |
|---|---|
| de Nicolas Jarry, Kan J et Jim charalampidis | |
| Éditions Soleil Celtic | automne 2008 |
| 48 pages | approx. 20$ |
Une nouvelle série pour l’un des maîtres de la scénarisation de Bédé. Nicolas Jarry s’est associé à un coloriste averti et un nouveau venu du crayon, Kan-J, Québécois d’adoption, Belge de naissance. Comme quoi, c’est au Québec que les dessinateurs belges se trouvent. Il faut saluer le travail structurel et graphique qu’ont effectué ses créateurs pour le premier tome de la série Blackwood. La qualité du dessin est superbe, l’histoire, originale. Blackwood plonge dans l’univers de la nuit à travers le personnage étonnant de Julian Lord Blackwood, chasseur de morts-vivants. Il est d’ailleurs luimême revenu du royaume des morts avec beaucoup de séquelles, dont une haine farouche des âmes revenues sur Terre. Il élimine sur son passage tous les monstres qui se cachent derrière l’enveloppe corporelle d’êtres humains innocents, jusqu’au jour où un nécromancien prend en otage son amoureuse – elle-même morte-vivante – afin de récupérer la moitié de son âme, vendue à un effrayant dieu. Julian part de toute urgence retrouver ce dieu damné, mais comprend dès le début de sa chevauchée que le Mal ne se situe pas toujours où on l’attend… Curieux ? Alors, découvrez la suite !
l’Organe magazine, Montréal