| Le petit précis d’irrévérence | |
|---|---|
| de Zhe Li Qing | |
| Éditions Michel Brûlé | 2007 |
| 128 pages | 12,95$ |
Peu de médias ont mentionné la sortie de ce livre et pour cause : son auteur, qui a pris un nom d’emprunt pour l’occasion, publie habituellement essais et romans sérieux comparés à ce petit essai diablement invitant. Seul son profil de dos a été révélé aux médias, ce qui a évidemment refroidi certains confrères. Malgré tout, ce petit précis est grand, car en plus de disposer d’une truculente préface d’un François Avard plus provocant que jamais, il est nettement moins insignifiant que ce qui sort de soi-disant irrévérencieux sur le marché. Avec pour point de départ un axe simple – se moquer de tout – l’auteur a osé écrire ce que beaucoup pensent, mais que, par souci des conventions sociales, culturelles, sexuelles et autres rimes, n’osent avouer. Des fumeurs à l’art moderne, en passant par les météorologues, les téléromans, la publicité, les accommodements raisonnables, les politiciens et même Dieu, tous les sujets, aussi tabous soient-ils, sont tournés en dérision. Mais ils sont égratignés avec tant de style qu’on ne peut qu’en sourire, car après tout, c’est de nous-mêmes que nous nous moquons. Bref, ce Petit précis d’irrévérence est le remède idéal aux nombreuses frustrations de notre existence.
| Le petit livre des mensonges | |
|---|---|
| Collectif | |
| Éditions Hachette Pratique | 2008 |
| 159 pages | 19,95$ |
Voici une autre petite Bible du pied de nez aux conventions de toutes sortes. Il faut d’ailleurs insister sur le terme de « Bible », puisque son format, sa couverture rouge sang reliée et son marque page intégré sous forme de ruban pourraient au premier abord tromper tout bon lecteur. Toutefois, dès son ouverture, ce livre réserve bien des surprises. Tout d’abord parce que les critiques s’y mêlent aux blagues, aux rumeurs, aux préceptes, aux trompe-l’oeil et aux plus grandes supercheries de tous les temps. Parce que sa présentation à l’ancienne fait également penser à un mélange d’almanachs du début du XXe siècle et de fanzine satirique de la Renaissance. Enfin, parce que quels que soient ses goûts, le lecteur peut toujours y trouver quelque chose d’intéressant. En un mot, ce petit livre conte bien des menteries, mais il le fait avec intelligence et savoirfaire. tous les sujets, aussi tabous soientils, sont tournés en dérision. Mais ils sont égratignés avec tant de style qu’on ne peut qu’en sourire, car après tout, c’est de nous-mêmes que nous nous moquons. Bref, ce Petit précis d’irrévérence est le remède idéal aux nombreuses frustrations de notre existence.
| La chançon francophone engagée | |
|---|---|
| sous la direction de Lise Bizzoni et Cécile Prévost-Thomas | |
| Éditions Triptyque | 2008 |
| 160 pages | 20$ |
Qu’ont en commun Loco Locass, Mes Aïeux, Les Colocs, Rachid Taha, Richard Desjardins, Les Vulgaires machins, Georges Brassens et Zebda ? Ils ont tous été ou sont encore des artistes engagés. Tantôt pourfendeurs d’idées reçues, tantôt véhicules d’un combat politique ou social, ils ont accompagné les pas d’une société mouvante et évolutive. Plus largement encore, on peut même avancer que la chanson engagée, loin d’être un sousgenre de la chanson francophone, en a souvent été le fer de lance, le témoin d’un passage à un autre, le tremplin vers une nouvelle manière de concevoir les choses. C’est ce qu’ont parfaitement compris Lise Bizzoni et Cécile Prévost-Thomas, deux chercheures universitaires que la culture populaire intéresse au plus haut point. Dans cet essai des plus sérieux, elles présentent leur analyse, ainsi que celle de plusieurs de leurs confrères sur un volet de la chanson française souvent décrié, mais ô combien intéressant si on l’étudie plus en détail. Par exemple, dans quels styles les chansons engagées s’expriment le mieux ? Dans tous ceux qui existent, apprend-on, étant donné que la légèreté de certaines mélodies comme celles composées par le groupe Mes Aïeux, héritées de la musique traditionnelle, s’accompagne de textes prônant entre autres la souveraineté du Québec. Et sur quelles bases repose donc une chanson engagée ? Évidemment, sur un texte plus ou moins provocateur, mais aussi sur une structure mélodique raisonnée et un environnement, ce qui fait de la chanson engagée un objet à la fois singulier et une pratique plurielle à forte connotation symbolique. Un ouvrage instructif.
l’Organe magazine, Montréal