Derrière l’État Desmarais : POWER, de Robin Philpot ; Éditions Les Intouchables, 2008 (208 pages)
On ne parle en ce moment que de « la grosse gammique sale » du milieu de la construc- tion au Québec. Et on en oublie que depuis très longtemps, de grandes sociétés privées font la pluie et le beau temps, non seulement dans leur secteur d’activités, mais aussi dans les sphères économiques et politiques de notre belle province. La famille Desmarais en est un bon exemple, puisque l’entreprise Power Corporation qu’elle possède est devenue avec le temps un véritable empire. Certes, on en entend moins parler que de la famille Hilton, mais c’est volontaire parce que ces mêmes Desmarais possèdent plus de 70% de la presse écrite québécoise. En fait, on sait très peu de choses sur cette dynastie qui a fait ses premiers deniers avec la vache à lait des assurances, s’est par la suite intéressée au secteur de l’électricité, puis a pris le monopole des médias et a aujourd’hui des tentacules au niveau international. L’argent appelle l’argent, dit le dicton, On pourrait également dire dans le cas des Desmarais qu’il appelle aussi le pouvoir, puisque Paul entretient depuis les années 1960 des rapports étroits avec nos dirigeants et ceux de l’étranger, s’étant notamment vu remettre, on n’a jamais réussi à savoir comment, l’insigne de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy en 2008. Collusion et omerta ? C’est ce que pense Robin Philpot, qui a mené une enquête très approfondie sur cette famille bien spéciale.
Tout le monde vous dira NON, d’Hubert Mansion ; Éditions Michel Brûlé, octobre 2009 (364 pages)
Voici la deuxième édition d’un livre qui a été consacré comme la Bible du show-business en 2005. Eh oui, le show-business avec son strass, ses paillettes, ses bains au champagne et, bien sûr, l’argent coulant à flots. Combien sont celles et ceux qui ont rêvé ou rêvent encore de cette vie de star montée en épingle par des programmes télévisuels plus ou moins débilitants ? Dans Tout le monde vous dira NON, Hubert Mansion, qui a cumulé plus de 25 ans d’expérience dans ce secteur d’activités à différents titres - de co-créateur du tube C’est l’amour dans les années 1980 à avocat spécialisé dans les droits d’auteurs et professeur à l’école du show-business - fait table rase de tous les clichés et réalise une vraie photographie de l’industrie musicale. Recettes, marketing, trucages, contrats, argent, enjeux ; tout est traité avec profondeur, clarté et un humour décapant.
Sweet sixteen à l’eau saline, de Mélodie Nelson Extrait de Moebius N. 122, édition Masturbatorium Septembre 2009 (168 pages)
« Quand je serai grande, je vais être chanteuse et mannequin six mois par année, le temps de me taper plein de mecs importants, des rockstars et des princes saoudiens, et de piquer des robes de Vivienne Westwood et de Roberto Cavalli Backstage. » Ainsi débute le texte très déconcertant de Mélodie Nelson, qui met dans cette nouvelle en vedette une jeune fille comme en pleuvent maintenant dans des séries comme Sex and the City et Gossip Girl. Accro aux marques, hypersexuée et superficielle, cette petite Lolita se fait offrir pour ses 16 ans par ses parents un regonflage de seins dans les règles de l’art. Nous la découvrons alors qu’elle va les exhiber à sa petite fête au cours de laquelle les termes « see, sex and sun » seraient plutôt remplacés par ceux de « drogue, sadisme et pornographie ». Que retenir d’une telle lecture, si ce n’est un portrait peu reluisant d’une nouvelle génération dont les valeurs ne sont plus humaines, mais purement mercantiles. Un exemple flagrant de ce que l’argent peut entraîner de pire.
l’Organe magazine, Montréal