Les chroniques conjugales d’un mâle en mal de mots, d’Étienne Gervais
Éditions Les Intouchables, janvier 2010
128 pages
Un gars. Une fille. Et leur relation au quotidien. Non, nous ne sommes pas dans un remake de la série télévisée du même nom. Ni dans un long pamphlet machiste. Ni dans un de ces nombreux livres de psychologie de comptoir qui horripilent toute personne douée de raison. Martiens et Vénusiennes ne trouveront donc pas dans cet ouvrage de réponses à leurs questions amoureuses existentielles, mais par contre, ils auront bénéficié d’une bonne thérapie par le rire. Car oui, ce livre est réellement hilarant ! Pourquoi ? Parce qu’il dépeint avec sincérité, sensibilité et beaucoup d’imagination ce que tout couple peut vivre, et ce, à travers les yeux d’un gars, un vrai. De la difficulté de s’habiller avec goût des hommes (du moins, selon leurs copines), à l’amour plus ou moins conditionnel de l’animal qu’avait notre douce moitié avant de nous connaître, les clichés se suivent et sont vérifiables dans n’importe quel foyer. Et certains passages mériteraient vraiment d’être adaptés à l’écran tant ils sont épiques, à l’image du futur chien Mira pour le moins chahuteur confié à l’auteur et à sa douce. Ou encore du chat du couple, gentiment surnommé Face de Rat, qui miaule trop fort selon le voisin et que l’auteur essaie de faire taire en tapissant les murs de l’appartement de feuilles sur lesquelles sont dessinés des sens interdits avec un « miaou » écrit au centre. Tout cela est-il vraiment arrivé ? Le doute est habilement entretenu par Étienne Gervais. Mais la qualité de ce petit livre, elle, ne l’est pas. Alors, courez l’acheter, il vous sortira de la morosité hivernale !
Anglaid, de Michel Brûlé
Éditions Michel Brûlé, printemps 2009
176 pages
Michel Brûlé est bien connu dans la sphère éditoriale québécoise, dont il est l’un des éditeurs les plus prolifiques depuis dix ans. Un succès qui s’est d’ailleurs accompagné de nombreux scandales et critiques, car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas la langue dans sa poche et défend ses couleurs. Ses chevaux de bataille ? Un Québec souverain, la culture francophone et la lutte pour ses idées. Ses têtes de Turc, à présent ? L’impérialisme culturel anglophone, les libéraux, les puissances financières, Coca-Cola, la malbouffe... Les sujets de tollé peuvent être nombreux, et il ne se gêne pas pour les aborder sans mettre de gants. Anglaid en est un exemple concret. Il a d’ailleurs déclenché dès sa parution une vive polémique. Il faut dire que l’auteur y relance la controverse sur la question linguistique au Québec, mais critique aussi les bases et les valeurs véhiculées par la culture anglophone partout à travers le monde. Et que l’on soit ou non d’accord avec ce qui est écrit dans cet ouvrage, on ne peut nier que plusieurs éléments qui s’y trouvent peuvent susciter le débat. En tout cas, ne serait-ce que parce qu’il sort indéniablement des exemples de rectitude que l’on observe trop souvent en édition, il vaut la peine d’être parcouru.
Papa pure laine, de Martin Larocque
Éditions de La Bagnole, janvier 2010
130 pages
On le connaît pour son rôle d’Hercule Belhumeur dans la série télévisée Virginie. Mais il est aussi, parallèlement, conférencier et chroniqueur. Ses sujets de prédilection ? La paternité, la famille et le bonheur. Toutefois, un homme peut-il vraiment – et ouvertement – parler de sa relation avec ses enfants dans des chroniques ? N’est-ce pas logiquement la chasse gardée des femmes ? Eh bien non, de toute évidence. Et ce qui est plus étonnant encore, c’est qu’il le fait avec brio. Parce qu’il faut une bonne dose de courage pour avouer par écrit qu’on n’est pas toujours le meilleur père en ville, voire de la planète. On peut ainsi découvrir à quel point on peut être égoïste en traînant ses enfants dans des musées pendant les vacances, alors qu’ils ne désirent plus qu’une chose, jouer dans le sable. On apprend aussi quelques astuces utiles, comme la punition par la lecture, ou la façon de raccommoder les cœurs brisés d’enfants de neuf ans (si ! si !). Et tout cela avec une bonne dose d’humour, d’intelligence et d’autocritique. Bref, de quoi faire sourire de nombreux parents et préparer les autres à la paternité.
l’Organe magazine, Montréal