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	<title>l'Organe magazine, Montr&#233;al</title>
	<link>http://www.lorgane.org/</link>
	<description>l'Organe est un magazine th&#233;matique mensuel, francophone et &#233;tudiant bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Universit&#233; Concordia.</description>
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		<title>Qui veut de l'eau du Canada ?</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/l-eau/article/qui-veut-de-l-eau-du-canada</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/l-eau/article/qui-veut-de-l-eau-du-canada</guid>
		<dc:date>2008-03-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Geffard</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>On ne se bat pas pour l'eau que dans les d&#233;serts. Le Canada, terre aux mille lacs, suscite les convoitises de son voisin du Sud. Les transferts massifs d'eau douce en direction des piscines am&#233;ricaines ne sont peut-&#234;tre pas si &#233;loign&#233;s qu'on le croit. Le Canada s'accroche pour l'instant &#224; son eau, mais du bout des doigts. Si tous les permis d'exportation d'eau en vrac ont &#233;t&#233; refus&#233;s au Canada ces derni&#232;res ann&#233;es, c'&#233;tait in extremis et &#224; reculons. La Colombie-Britannique a h&#226;tivement r&#233;voqu&#233; en 1991 un (...)

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&lt;a href="http://www.lorgane.org/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On ne se bat pas pour l'eau que dans les d&#233;serts. Le Canada, terre aux mille lacs, suscite
les convoitises de son voisin du Sud. Les transferts massifs d'eau douce en direction des
piscines am&#233;ricaines ne sont peut-&#234;tre pas si &#233;loign&#233;s qu'on le croit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Canada s'accroche pour l'instant
&#224; son eau, mais du bout des doigts.
Si tous les permis d'exportation
d'eau en vrac ont &#233;t&#233; refus&#233;s au Canada
ces derni&#232;res ann&#233;es, c'&#233;tait in extremis
et &#224; reculons. La Colombie-Britannique
a h&#226;tivement r&#233;voqu&#233; en 1991 un permis
octroy&#233; &#224; la compagnie am&#233;ricaine Sun
Belt Water. L'Ontario a fait de m&#234;me en
1998 avec une entreprise canadienne,
Nova Group. Et en 2001, Terre-Neuve
s'est r&#233;sign&#233;e &#224; refuser la demande du
McCurdy Group. Sous la seule pression,
dans chaque cas, de l'opinion publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e d'exporter l'eau canadienne
n'est pas nouvelle, puisque cela fait 50
ans que le Canada se voit proposer des
projets grandioses en ce sens (voir encadr&#233;).
Ces projets n'ont jamais vu le jour,
en raison autant de leur co&#251;t astronomique
que de leurs graves r&#233;percussions
sur l'environnement. Mais l'id&#233;e n'a
jamais &#233;t&#233; abandonn&#233;e. Au contraire,
les projets plus r&#233;cents sont &#233;galement
nettement plus faisables. C'est que les
&#201;tats-Unis ont de plus en plus soif de
l'eau canadienne.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;vision de temps sec aux
&#201;tats-Unis&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chez nos voisins du sud, la surconsommation
de l'eau &#8211; les Am&#233;ricains en
sont les plus gros consommateurs du
monde &#8211; et les migrations internes vers
les &#201;tats ensoleill&#233;s, comme le Navada,
la Californie ou l'Arizona, o&#249; la population
explose depuis les ann&#233;es 1970,
mettent une formidable pression sur
les ressources hydriques, qu'on surexploite
au point de les mettre en danger.
Le r&#233;chauffement climatique aidant,
le lac Owen, qui dessert Los Angeles, a
aujourd'hui presque disparu. La nappe
phr&#233;atique Ogallala, qui arrose huit
&#201;tats, du Nebraska au Texas, devrait en
faire de m&#234;me d'ici 25 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en Californie que Sun Belt Water
voulait exporter l'eau de la Colombie-
Britannique. Dans cette province,
peut-on lire sur le site Internet de l'entreprise,
qui y d&#233;fend sa cause, &#171; les
pr&#233;cipitations annuelles atteignent en
moyenne (..) plus de 25 pieds chaque
ann&#233;e &#187;, soit 750 cm. Un chiffre largement
exag&#233;r&#233; &#8211; puisque la partie la
plus arros&#233;e de la province, une mince
bande c&#244;ti&#232;re, re&#231;oit un maximum de
300 cm de pr&#233;cipitations par an &#8211; mais
qui correspond parfaitement &#224; la vision
erron&#233;e que l'on a de chaque c&#244;t&#233; de la
fronti&#232;re des ressources hydriques du
Canada.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#8230;comme au Canada&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Canada n'est en effet pas l'eldorado
bleu que l'on croit. Dans une chronique
parue dans le magazine &lt;i&gt;Innovation
Canada&lt;/i&gt; en 2006, David Schindler, professeur
en sciences biologiques &#224; l'Universit&#233;
de l'Alberta, s'insurge ainsi contre
le &#171; mythe &#187; de l'abondance des eaux
canadiennes. Le pays poss&#232;de certes 20
% des ressources d'eau douce de la plan&#232;te,
explique-t-il, mais &#224; toutes fins
pratiques, seule la quantit&#233; qui peut en
&#234;tre pr&#233;lev&#233;e de fa&#231;on durable doit &#234;tre
comptabilis&#233;e. En laissant donc de c&#244;t&#233;
les grands lacs, &#171; qui prendraient plus
de 100 ans &#224; se remplir si on les vidait &#187;,
les nappes phr&#233;atiques non renouvelables
et l'eau provenant des glaciers, le
Canada ne poss&#232;de que 7 % des r&#233;serves
mondiales d'eau douce, soit &#224; peu pr&#232;s
la m&#234;me proportion que les &#201;tats-Unis
(&#224; 6,5 %). De plus, la plupart de cette eau
s'&#233;coule vers les r&#233;gions nordiques, &#171; loin
de la bande de 300 km o&#249; r&#233;sident la
plupart des 30 millions de Canadiens &#187;.
&#192; cela s'ajoute le fait que si l'ouest am&#233;ricain
est &#224; sec, l'ouest canadien n'est
gu&#232;re mieux loti.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;Le Canada ne poss&#232;de que
7 % des r&#233;serves mondiales
d'eau douce, soit &#224; peu pr&#232;s
la m&#234;me proportion que les
&#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les Prairies commencent en effet &#224;
s'ass&#233;cher. Le sud-est de l'Alberta, le
sud de la Saskatchewan et le sud-ouest
du Manitoba, qui regroupent la majorit&#233;
des habitants de ces trois provinces,
est une r&#233;gion dont l'histoire est ponctu&#233;e
d'&#233;pisodes tragiques de s&#233;cheresse.
Pour une bonne raison : son climat est
semi-aride. Elle ne re&#231;oit qu'entre 30 et
40 cm d'eau par an, surtout sous forme
de neige, une mis&#232;re par rapport au
Qu&#233;bec, arros&#233; chaque ann&#233;e &#224; hauteur
de 80 &#224; 120 cm. Cette r&#233;gion porte le nom
de triangle de Palliser, en hommage au
g&#233;ographe qui l'a explor&#233;e, cartographi&#233;e
et d&#233;clar&#233;e inhabitable au milieu
du 19&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Elle vaut aussi au Canada
sa d&#233;signation par les Nations Unies de
pays affect&#233; par la d&#233;sertification. Or,
le triangle abrite 60 % des terres agricoles
canadiennes. Elles sont cultiv&#233;es
&#224; grands coups de subventions, sans
lesquelles la s&#233;cheresse en aurait eu
raison depuis longtemps. Des subventions
qui risquent de devenir de plus en
plus n&#233;cessaires sous le double effet du
r&#233;chauffement climatique et de l'explosion
d&#233;mographique de l'Alberta.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais m&#234;me si le Canada ne peut soutenir
d'exportations massives de son
eau, il pourrait avoir d&#233;j&#224; renonc&#233; &#224; sa
souverainet&#233; dans ce domaine.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la corde raide&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le pays a pourtant d&#233;j&#224; entrepris
d'interdire ces exportations, &#224; la suite
de l'annulation du permis d'exportation
que l'Ontario avait accord&#233; &#224;
Nova Group, en 1991. &#171; Mais lorsque les
cadres d'Environnement Canada et du
minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res se
sont r&#233;unis pour discuter de la fa&#231;on
de proc&#233;der, des avocats sp&#233;cialis&#233;s
en droit commercial et des experts en
politique commerciale leur ont appris,
&#224; leur grand &#233;tonnement, qu'il &#233;tait
impossible d'adapter [&#224; cette fin] la Loi
sur la pr&#233;servation de l'eau au Canada &#187;,
explique Frank Quinn, g&#233;ographe sp&#233;cialiste
des questions de l'eau [&lt;a href='http://www.lorgane.org/#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Frank Quinn, Water diversion, export and Canada-US relations : A brief (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Cela
revenait en effet &#224; de la discrimination
commerciale, pratique interdite par le
droit international. Le gouvernement
f&#233;d&#233;ral a contourn&#233; cet obstacle en
adoptant une approche g&#233;ographique :
puisque la r&#232;gle du droit international
ne s'appliquait qu'aux entraves commerciales
entre nations, le Canada a
interdit le transfert massif d'eau douce
d'un bassin versant &#224; un autre. Mais la
signature, en 1993, de l'Accord de libre&#233;change
nord-am&#233;ricain (ALENA) a
totalement chang&#233; la donne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, l'eau est exclue de l'ALENA &#171; &#224;
moins d'&#234;tre vendue dans le commerce
et de devenir ainsi une marchandise ou
un produit &#187;. Concr&#232;tement, cela signifie
que les gouvernements nationaux
ont le droit d'interdire l'exportation
massive de l'eau tant que celle-ci n'a
jamais &#233;t&#233; vendue de cette fa&#231;on. Sauf
que la gestion de l'eau, aux &#201;tats-Unis
comme au Canada, ne revient pas aux
gouvernements nationaux, mais aux
&#201;tats ou aux provinces. Puisque rien ne
peut emp&#234;cher celles-ci de la vendre,
la premi&#232;re province canadienne qui
vendra son eau en vrac ouvrira ainsi le
march&#233;. Ce n'est peut-&#234;tre qu'une question
de temps..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='http://www.lorgane.org/#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Frank Quinn, Water diversion, export and Canada-US relations : A brief history, Program on Water Issues, Munk Centre for International Studies, 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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