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	<title>l'Organe magazine, Montr&#233;al</title>
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	<description>l'Organe est un magazine th&#233;matique mensuel, francophone et &#233;tudiant bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Universit&#233; Concordia.</description>
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		<title>Les impatients</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2007/volume-3/les-maladies-modernes/article/les-impatients</link>
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		<dc:date>2008-03-01T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;lise Prioleau</dc:creator>


		<dc:subject>Culturel</dc:subject>

		<description>Le centre Les Impatients est un lieu de cr&#233;ation artistique destin&#233; aux personnes qui vivent la souffrance de la psychose. &#192; travers l'art, la maladie trouve une voix. Si cette parole est parfois extr&#234;mement cr&#233;atrice, elle est toujours humanisante. Jos&#233;e chemine plusieurs fois par semaine vers l'un des trois locaux que compte la Fondation pour l'art th&#233;rapeutique et l'art brut du Qu&#233;bec, mieux connue sous le nom &#8216;Les Impatients'. Elle fr&#233;quente l'atelier de Montr&#233;al Est depuis maintenant sept ans. &#171; (...)

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&lt;a href="http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2007/volume-3/les-maladies-modernes/" rel="directory"&gt;Les maladies modernes&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le centre Les Impatients est un lieu de cr&#233;ation artistique destin&#233; aux personnes qui vivent la souffrance de la psychose.
&#192; travers l'art, la maladie trouve une voix. Si cette parole est parfois extr&#234;mement cr&#233;atrice, elle est toujours humanisante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jos&#233;e chemine plusieurs fois par semaine vers l'un des trois locaux que compte la Fondation pour l'art th&#233;rapeutique et l'art brut du Qu&#233;bec, mieux connue sous le nom &#8216;Les Impatients'.
Elle fr&#233;quente l'atelier de Montr&#233;al
Est depuis maintenant sept ans. &#171; Ici nous avons une place, nous sommes enfin consid&#233;r&#233;s comme des personnes &#224; part enti&#232;re, explique-t-elle. C'est parce que l'on croit en nous que nous faisons du beau. &#187; Profond&#233;ment concentr&#233;s sur leurs &#339;uvres respectives, les Impatients &#233;changent id&#233;es et commentaires, tant&#244;t
sur l'art, tant&#244;t sur la vie. Un seul mot d'ordre dans cet atelier d'exp&#233;rimentation
artistique : &#234;tre soi-m&#234;me en toute libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis 1989, le centre Les Impatients a comme objectif de d&#233;mystifier la maladie
mentale en redonnant une voix aux personnes qui en souffrent. Outre sa mission th&#233;rapeutique, la fondation offre &#224; ses visiteurs un lieu de cr&#233;ation libre et gratuit. Pour un temps, la maladie
mentale devient source de cr&#233;ation d&#233;brid&#233;e, parfois sombre, souvent profonde.
Artiste et th&#233;rapeute par l'art au centre depuis 14 ans, Johanne Proulx per&#231;oit une authenticit&#233; unique dans l'art des Impatients. &#171; Ce sont des cr&#233;ateurs
qui ont la facilit&#233; d'aller &#224; l'essentiel.
Ils ont une fra&#238;cheur que les artistes perdent en cours de route. C'est comme s'ils n'&#233;taient pas influenc&#233;s par la soci&#233;t&#233;, remarque-t-elle. &#192; travers leur regard, ce sont des &#233;motions crues qui se manifestent. &#187; Le centre se veut un lieu de pure exp&#233;rimentation artistique, sans contraintes techniques ou &#233;conomiques.
&#171; Le but est d'offrir le contexte qu'il faut pour se d&#233;couvrir soi-m&#234;me, &#224; travers l'exploration de ses propres images &#187;, souligne-t-elle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Un art pris&#233; par les
collectionneurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Impatients organisent tous les ans un encan pour amasser des fonds. L'an dernier, les 400 &#339;uvres du vernissage ont &#233;t&#233; vendues. Certains acheteurs ont d&#251; d&#233;bourser plus de 500 dollars pour une seule &#339;uvre. Selon Johanne Proulx, &#171; certains collectionneurs s'int&#233;ressent tout particuli&#232;rement aux &#339;uvres r&#233;alis&#233;es
aux Impatients &#187;. L'art r&#233;alis&#233; en situation d'exclusion sociale est en effet consid&#233;r&#233; comme une grande source d'inspiration par les artistes reconnus. Designer et propri&#233;taire de la boutique
&lt;i&gt;Scandale&lt;/i&gt;, Georges L&#233;vesque a &#233;t&#233; invit&#233; lors du lancement de l'exposition &lt;i&gt;Collection pas pr&#234;te &#224; porter&lt;/i&gt;, organis&#233;e cet automne par la fondation. &#171; Ils devaient
fabriquer des robes de papier. L'un d'entre eux a fait une machine distributrice,
explique-t-il, fascin&#233;. Il y a une forte recherche int&#233;rieure dans l'art des Impatients. Je crois que nous les artistes, sommes tous un peu schizophr&#232;nes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La souffrance de la maladie
mentale est une exp&#233;rience qui aborde les limites de l'&#234;tre. C'est une exp&#233;rience terrifiante, qui se situe en dehors des mots. Certaines personnes arrivent &#224; l'exprimer, et d'autres la vivent comme fermeture &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres r&#233;alis&#233;es durant les ateliers sont expos&#233;es dans plusieurs mus&#233;es ainsi que dans des centres culturels. Le Mus&#233;e des Beaux-Arts d'Ottawa, ainsi que le Mus&#233;e de Qu&#233;bec exposent actuellement
certaines toiles de la fondation. Selon Johanne Proulx, ce sont les mus&#233;es eux-m&#234;mes qui en ont fait la demande &#224; l'organisme. Plusieurs pi&#232;ces sont aussi pr&#233;cieusement conserv&#233;es dans la collection
priv&#233;e de la fondation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Un courant artistique reconnu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On le nomme &lt;i&gt;art brut&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;art cru&lt;/i&gt;. Au cours du si&#232;cle dernier, l'art r&#233;alis&#233; par des personnes exclues, enferm&#233;es ou malades, a fait l'objet de collections partout &#224; travers le monde. La plus c&#233;l&#232;bre
est celle de l'artiste fran&#231;ais Jean Dubuffet. Elle est aujourd'hui expos&#233;e dans la c&#233;l&#232;bre Collection de l'Art Brut &#224; Lausanne en Suisse. L'art brut a &#233;t&#233; popularis&#233; au 20&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle par des artistes qui voulaient rompre avec la tradition artistique ainsi que les crit&#232;res &#233;litistes
de l'acad&#233;mie. Les surr&#233;alistes en font partie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Professeure aux d&#233;partements de psychiatrie et d'anthropologie &#224; l'universit&#233;
McGill, et affili&#233;e au centre de recherche des Impatients, Helen Corin a visit&#233; les collections de la ville suisse romande cet &#233;t&#233;. Elle consid&#232;re
que l'exp&#233;rience de la maladie mentale doit &#234;tre davantage &#233;cout&#233;e dans la soci&#233;t&#233;. &#171; On a vu des personnes
en situation d'enfermement qui on su r&#233;v&#233;ler &#224; travers l'art, des mondes d'une complexit&#233; incroyable &#187;, se passionne-t-elle. Pour la professeure, la psychose est avant tout une maladie profond&#233;ment humaine. &#171; La souffrance de la maladie mentale est une exp&#233;rience
qui aborde les limites de l'&#234;tre. C'est une exp&#233;rience terrifiante, qui se situe en dehors des mots. Certaines personnes
arrivent &#224; l'exprimer, et d'autres la vivent comme fermeture &#187;, t&#233;moigne-t-elle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les limites de la m&#233;decine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La maladie mentale est tr&#232;s peu accept&#233;e
dans la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Les personnes
qui en souffrent sont souvent exclues et isol&#233;es. Cette d&#233;valorisation sociale est &#233;galement pr&#233;sente dans le syst&#232;me de sant&#233; mentale. Selon Helen Corin, il y a peu d'&#233;coute pour les gens atteints de ce type de maladie. &#171; Dans notre soci&#233;t&#233;, nous approchons la psychose
uniquement sous l'angle de la m&#233;dication. Rares sont les endroits qui valorisent l'expression de cette maladie. Il y a cependant quelque chose que ces personnes ont besoin de dire &#187;, constate la psychiatre et anthropologue. Cette critique est partag&#233;e par l'&#233;tudiante au doctorat en psychologie &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al et membre de la Soci&#233;t&#233; des Arts Indisciplin&#233;s, Sarah Kidd Desch&#234;nes. Si elle reconna&#238;t que l'initiative des Impatients permet une &#233;mancipation et une reconnaissance des personnes atteintes de maladies mentales,
elle consid&#232;re que ce n'est pas encore suffisant. &#171; Il n'y a pas d'int&#233;gration r&#233;elle des personnes psychotiques dans la soci&#233;t&#233;. La th&#233;rapie par l'art permet certes une &#233;mancipation, mais il ne faut pas oublier que ces gens-l&#224; sont priv&#233;s de statut social d&#232;s qu'ils quittent l'atelier. Il y a une fascination pour la folie dans la soci&#233;t&#233;, mais cette diff&#233;rence n'est g&#233;n&#233;ralement ni &#233;cout&#233;e, ni accept&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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