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	<title>l'Organe magazine, Montr&#233;al</title>
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	<description>l'Organe est un magazine th&#233;matique mensuel, francophone et &#233;tudiant bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Universit&#233; Concordia.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'eau indienne</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/l-eau/article/l-eau-indienne</link>
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		<dc:date>2008-03-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence Baribeau-Sabourin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>En ce moment, dans bon nombre de r&#233;serves autochtones, on fait bouillir l'eau avant de la consommer. Si l'on en croit le Rapport du groupe d'expert sur la salubrit&#233; de l'eau potable dans les collectivit&#233;s des Premi&#232;res nations (RSEPPN) de novembre 2006, on la fera bouillir encore longtemps. Les diff&#233;rents intervenants dans ce dossier ne sont en effet pas encore pr&#232;s de s'entendre. L'ONU d&#233;cr&#233;ta la D&#233;cennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement (DIEPA) de 1981 &#224; 1990. Elle d&#233;signa (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce moment, dans bon nombre de r&#233;serves autochtones,
on fait bouillir l'eau avant de la consommer. Si l'on en croit
le Rapport du groupe d'expert sur la salubrit&#233; de l'eau potable dans
les collectivit&#233;s des Premi&#232;res nations (RSEPPN) de novembre
2006, on la fera bouillir encore longtemps. Les diff&#233;rents
intervenants dans ce dossier ne sont en effet pas encore
pr&#232;s de s'entendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ONU d&#233;cr&#233;ta la D&#233;cennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement
(DIEPA) de 1981 &#224; 1990. Elle d&#233;signa &#233;galement les ann&#233;es 1995-2004 comme
la D&#233;cennie internationale des populations autochtones. Dans ce contexte,
pour r&#233;gler les probl&#232;mes d'acc&#232;s &#224; l'eau potable dans les collectivit&#233;s et r&#233;serves
autochtones du pays, le regard de la communaut&#233; internationale s'est tourn&#233; vers
le gouvernement f&#233;d&#233;ral du Canada, &#224; qui il revenait d'agir sur ce dossier puisqu'il
d&#233;tient une obligation fiduciaire envers les autochtones depuis l'adoption, en
1867, de l'Acte des Sauvages (rebaptis&#233; plus tard la Loi sur les Indiens), corps de
lois qui inscrit les autochtones comme pupilles de l'&#233;tat, l'expression juridique
qu'on utilise pour d&#233;signer ceux que l'&#233;tat prend a sa charge. Durant ces ann&#233;es, le
gouvernement f&#233;d&#233;ral a investi plusieurs centaines de millions de dollars pour que
le plus grand nombre possible de r&#233;serves, du moins celles qui avaient conclu des
accords avec lui &#224; ce sujet, puissent avoir acc&#232;s &#224; de l'eau potable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le rapport annuel de la Commission pour le d&#233;veloppement durable de 2005
nous apprend toutefois que la situation ne s'est gu&#232;re am&#233;lior&#233;e. Le gouvernement
f&#233;d&#233;ral n'a jamais fourni suffisamment de ressources financi&#232;res, humaines ou
structurelles aux r&#233;serves autochtones pour garantir une qualit&#233; d'eau potable
comparable &#224; celle que l'on retrouve dans les autres villes et villages du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avoir acc&#232;s &#224; une eau potable est per&#231;u comme &#233;tant un droit humain
fondamental et, d&#233;sormais, comme une condition essentielle du d&#233;veloppement
durable. Faire des r&#233;serves autochtones des communaut&#233;s durables fait partie du
mandat du minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord canadien. L'&#233;chec dont la
v&#233;rificatrice g&#233;n&#233;rale rend compte dans son rapport, lequel responsabilise &#224; la fois
le gouvernment f&#233;d&#233;ral pour son manque d'invesstissements et les dirigeants des
communaut&#233;s autochtones pour leur mauvaise gestion, n'est pas un cas unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La D&#233;cennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement, qui a dur&#233;
de 1981 &#224; 1990, a accus&#233; des rat&#233;s &#224; l'&#233;chelle mondiale. Aussi, l'Organisation
Mondiale de la Sant&#233; retente le coup en faisant des ann&#233;es 2005 &#224; 2015 la D&#233;cennie
internationale d'action &#171; L'eau, source de vie &#187;. Au Canada comme ailleurs, on se
rend compte que pourvoir les populations en eau potable s'av&#232;re complexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela est d'autant plus vrai dans le cas des r&#233;serves autochtones, emp&#234;tr&#233;es
dans les consid&#233;rations constitutionnelles et juridiques, puisque les rapports
entre le gouvernement f&#233;d&#233;ral et les autochtones, leurs pupilles, sont teint&#233;s par
les vestiges d'un lourd pass&#233; colonialiste. La question de l'eau y int&#232;gre de nombreux
enjeux non avou&#233;s qui g&#233;n&#232;rent &#233;norm&#233;ment de tension entre les parties :
l'autonomie gouvernementale des autochtones, la d&#233;finition des droits ancestraux
ou des droits issus de trait&#233;s li&#233;s &#224; l'eau, l'estimation des ressources que devrait
fournir le gouvernement, ou encore, les comp&#233;tences et les responsabilit&#233;s des autochtones dans la gestion des r&#233;seaux d'approvisionnement en eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; cela, il faut ajouter le fait que le
gouvernement canadien ne s'est jamais
fait le champion de la s&#233;curit&#233; de l'eau &#224;
l'&#233;chelle du pays. Depuis la trag&#233;die de
Walkerton, communaut&#233; blanche du
nord de l'Ontario, survenue en 2000,
o&#249; la contamination de l'eau potable
avait co&#251;t&#233; la vie &#224; sept personnes et
rendue malades des centaines d'autres,
diff&#233;rents groupes de citoyens ont fait
pression sur le gouvernement f&#233;d&#233;ral
pour garantir la s&#233;curit&#233; de l'eau
potable. L'un des probl&#232;mes est qu'&#224;
ce jour, il est difficile de d&#233;finir ce
qui constitue une eau potable salubre
au Canada. Le rapport d'enqu&#234;te sur
Walkerton l'a d&#233;finie comme &#233;tant une
&#171; eau dont le risque est si n&#233;gligeable que
toute personne raisonnable et inform&#233;e
pourra en consommer sans crainte &#187;.
Tous les rapports sur l'eau au Canada
ont fait &#233;tat de la m&#234;me difficult&#233;
de tracer une ligne entre salubrit&#233; et
insalubrit&#233;, ce qui complique donc la
question de l'assainissement des eaux
dans les r&#233;serves.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;serves sont de petites tailles et
situ&#233;es en r&#233;gions &#233;loign&#233;es dans ce
qui constitue le nord du Canada. Elles
souffrent d'un manque de capacit&#233;
&#233;conomique. Elles n'ont jamais par le
pass&#233; &#233;t&#233; desservies par des r&#233;seaux
d'approvisionnement en eau potable de
qualit&#233;, elles ne le sont pas encore dans
bien des cas, comme dans celui de la
r&#233;serve de Kitigan Zibi, en Outaouais.
Les &#233;tudes visant &#224; trouver la fa&#231;on
d'installer, r&#233;glementer et g&#233;rer ces
r&#233;seaux n'en sont encore qu'au stade
pr&#233;liminaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si elle constitue une part importante
de l'identit&#233; autochtone, aucune
d&#233;finition juridique n'assimile l'eau
&#224; un droit ancestral. &#171; Mon peuple, les
Mal&#233;cites, se d&#233;signe lui-m&#234;me sous le
nom de peuple de la magnifique rivi&#232;re.
Notre compr&#233;hension de ce que nous
sommes est clairement li&#233;e au cours
d'eau que les Europ&#233;ens ont nomm&#233; la
rivi&#232;re Saint-Jean. Si nous perdons nos
rivi&#232;res, nous perdons une importante
part de nous-m&#234;me &#187;, affirmait Andy
Nicholas, membre la bande Tobique lors
des audiences publiques ayant men&#233; au
RSEPPN en novembre 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les t&#233;moignages livr&#233;s par les
autochtones sur le sujet, on trouve
une nostalgie du temps o&#249; l'eau,
constamment potable et abondante,
&#233;tait au c&#339;ur de la vie spirituelle
des autochtones, qui se posaient
d'ailleurs en &#171; gardien des eaux, des
terres, des ressources, guid&#233;s par
les connaissances communes de nos
anc&#234;tres &#187;, comme l'expliquait le Grand
Chef Sydney Garrioch du Manitoba
Keewatinowi Okimakanak lors de ces
m&#234;mes audiences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, l'eau est synonyme
de salet&#233;, de bureaucratie, d'histoire
coloniale. &#171; Les Premi&#232;res nations
consid&#232;rent que l'eau est le sang de
notre m&#232;re la terre et que la terre est
maintenant malade. &#187; Cette constatation
est celle du conseil des Anicinapeks
de Kitcisakik, lesquels ont aussi pris la
parole lors des audiences publiques. Les
autochtones d&#233;noncent le mode de vie
des Blancs, en d&#233;calage avec les principes
du d&#233;veloppement durable, contrairement
aux &#233;conomies traditionnelles
de chasse et de p&#234;che, et qui a en
premier lieu contamin&#233; les lacs et les
rivi&#232;res o&#249; les autochtones pouvaient
s'abreuver en tout temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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