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	<title>l'Organe magazine, Montr&#233;al</title>
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	<description>l'Organe est un magazine th&#233;matique mensuel, francophone et &#233;tudiant bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Universit&#233; Concordia.</description>
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		<title>En marge !</title>
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		<dc:creator>Sophie Ginoux</dc:creator>


		<dc:subject>Revue litt&#233;raire</dc:subject>

		<description>On se dit souvent que notre soci&#233;t&#233; a tendance &#224; uniformiser tous ceux qui la composent. Globalisation, mondialisation, village plan&#233;taire ; mais aussi McDonald, Coke ou Nike. Voil&#224; pourquoi cette chronique va sortir de ses sentiers battus et nous montrer d'autres horizons, fictifs ou non. Les nations obscures, de Vijay Prashad ; &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;, 20 janvier 2009 (360 pages) Alors que tous les yeux se tournent en ce moment vers Ha&#239;ti, un pays d&#233;vast&#233; par les d&#233;sastres naturels, mais souffrant (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On se dit souvent que notre soci&#233;t&#233; a tendance &#224; uniformiser tous ceux qui la composent. Globalisation, mondialisation, village plan&#233;taire ; mais aussi McDonald, Coke ou Nike. Voil&#224; pourquoi cette chronique va sortir de ses sentiers battus et nous montrer d'autres horizons, fictifs ou non.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les nations obscures&lt;/i&gt;, de Vijay Prashad ; &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;, 20 janvier 2009 (360 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que tous les yeux se tournent en ce moment vers Ha&#239;ti, un pays d&#233;vast&#233; par les d&#233;sastres naturels, mais souffrant aussi en tout temps de la faim et de la soif, voici un livre qui s'int&#233;resse au tiers-monde, dont nous ne connais- sons d'ordinaire que les vicissitudes &#233;conomiques et politiques. Car le tiers-monde ne se r&#233;sume pas au manque d'eau potable, de nourriture, d'&#233;ducation ou de d&#233;mocratie. &#192; ses d&#233;buts dans les ann&#233;es 1920, cette appellation symbolisait en effet un r&#234;ve, le projet d'une vie meilleure apr&#232;s l'&#233;mancipation postcoloniale. Une id&#233;e qui a par la suite fait du chemin, puisqu'en 1955 est n&#233; le mouvement des non-align&#233;s, qui avait pour but de promouvoir la libert&#233;, la fraternit&#233; et l'anti-imp&#233;rialisme. L'histoire nous a ensuite prouv&#233; combien de si beaux id&#233;aux ont pu &#234;tre mis &#224; mal par des politiciens v&#233;reux, une bureaucratie omnipr&#233;sente, le poids des traditions et les coups du des- tin. Des drames ont ainsi &#233;t&#233; v&#233;cus sur tous les continents, de New Delhi &#224; Buenos Aires, en passant par Singapour et Belgrade. M&#234;me si le projet qui les portait a donc &#233;t&#233; un &#233;chec, les pays du tiers-monde ont enfin une histoire. Moins glorieuse et fanfaronne que celle de certains &#201;tats occidentaux, peut- &#234;tre, cette histoire est digne d'int&#233;r&#234;t et nous permet de comprendre quels ont &#233;t&#233; leurs parcours et ce qu'ils vivent r&#233;ellement aujourd'hui. Un excellent livre, tr&#232;s document&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Soixante-six&lt;/i&gt;, de Michel J. L&#233;vesque ; &#201;ditions Les Intouchables (environ 250 pages par tome)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un r&#233;pertoire plus joyeux, Michel J. L&#233;vesque, qui s'est d&#233;j&#224; d&#233;marqu&#233; depuis quatre ans avec des s&#233;ries jeunesse ayant remport&#233; des prix et un franc succ&#232;s en librairie, a publi&#233; &#224; l'automne 2009 une nouvelle saga au nom &#233;vocateur de Soixante-six. Oui, ce chiffre vous fait bien s&#251;r imm&#233;diatement penser au diable, qui prend ici les traits de deux univers parall&#232;les : une ville &#171; laboratoire &#187; dans laquelle on s&#233;questre 66 adolescents en les manipulant mentalement, et une autre qui voit ses habitants touch&#233;s par une maladie qui les transforme en zombies affam&#233;s. De jeunes h&#233;ros d&#233;couvrent ces deux r&#233;alit&#233;s et commencent &#224; s'y opposer dans ce d&#233;but de s&#233;rie haletant m&#234;lant le genre du road movie au fantastique. Quant au triangle amoureux qui se r&#233;v&#232;le au fur et &#224; mesure des pages, il ajoute ce petit rien qui fait en sorte qu'on ne peut plus s'arr&#234;ter de lire jusqu'&#224; la derni&#232;re page. Tr&#232;s prometteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tuer V&#233;lasquez&lt;/i&gt;, de Philippe Girard ; &#201;ditions Gl&#233;nat Qu&#233;bec, automne 2009 (192 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un format plus petit que la normale, mais avec pr&#232;s de 200 pages, voici le dernier-n&#233; de Philippe Girard, que l'on conna&#238;t sans doute davantage dans le grand public comme membre fondateur de l'&#233;curie m&#233;canique g&#233;n&#233;rale que comme b&#233;d&#233;iste. Pourtant, il a d&#233;j&#224; remport&#233; plusieurs prix prestigieux un peu partout et a un talent incroyable, comme le prouve ce roman graphique au style affirm&#233; et tr&#232;s original. Inutile de rechercher dans cet ouvrage les couleurs, les fondus et un d&#233;coupage important. Non, ici, le trait est droit, gras, presque caricatural. Il se pr&#233;sente dans six cases gentiment rang&#233;es sur chaque page. On se dirait presque revenus dans certains fanzines des ann&#233;es 1970. Et c'est le cas, apr&#232;s tout, parce que l'histoire que relate Philippe Girard est celle d'un adolescent qui, comme d'autres de sa paroisse, a &#233;t&#233; abus&#233; sexuellement par un pr&#234;tre catholique. Un adolescent qui a depuis grandi, mais n'a jamais oubli&#233; et a, quelque part, conjur&#233; le sort en r&#233;alisant cet ouvrage. Car il s'agit bien du b&#233;d&#233;iste lui-m&#234;me dans ce livre &#224; la fois dur et tendre, tanguant entre le drame et l'espoir avec une habilet&#233; et une sinc&#233;rit&#233; d&#233;concertantes. Une belle r&#233;ussite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'argent, &#231;a vous dit quoi ?</title>
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		<dc:creator>Sophie Ginoux</dc:creator>


		<dc:subject>Revue litt&#233;raire</dc:subject>

		<description>L'argent, &#231;a vous fascine ou &#231;a vous rebute ? Quel que soit notre rapport avec ce concept, force est en effet de constater que nous ne pouvons nous en passer, car tout semble passer par l&#224;. L'argent, le pouvoir, le succ&#232;s, le r&#234;ve, autant de termes inter-reli&#233;s que nous traitons dans cette &#233;dition. Derri&#232;re l'&#201;tat Desmarais : POWER, de Robin Philpot ; &#201;ditions Les Intouchables, 2008 (208 pages) On ne parle en ce moment que de &#171; la grosse gammique sale &#187; du milieu de la construc- tion au Qu&#233;bec. Et on (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'argent, &#231;a vous fascine ou &#231;a vous rebute ? Quel que soit notre rapport avec ce concept, force est en effet de constater que nous ne pouvons nous en passer, car tout semble passer par l&#224;. L'argent, le pouvoir, le succ&#232;s, le r&#234;ve, autant de termes inter-reli&#233;s que nous traitons dans cette &#233;dition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Derri&#232;re l'&#201;tat Desmarais : POWER&lt;/i&gt;, de Robin Philpot ; &#201;ditions Les Intouchables, 2008 (208 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne parle en ce moment que de &#171; la grosse gammique sale &#187; du milieu de la construc- tion au Qu&#233;bec. Et on en oublie que depuis tr&#232;s longtemps, de grandes soci&#233;t&#233;s priv&#233;es font la pluie et le beau temps, non seulement dans leur secteur d'activit&#233;s, mais aussi dans les sph&#232;res &#233;conomiques et politiques de notre belle province. La famille Desmarais en est un bon exemple, puisque l'entreprise Power Corporation qu'elle poss&#232;de est devenue avec le temps un v&#233;ritable empire. Certes, on en entend moins parler que de la famille Hilton, mais c'est volontaire parce que ces m&#234;mes Desmarais poss&#232;dent plus de 70% de la presse &#233;crite qu&#233;b&#233;coise. En fait, on sait tr&#232;s peu de choses sur cette dynastie qui a fait ses premiers deniers avec la vache &#224; lait des assurances, s'est par la suite int&#233;ress&#233;e au secteur de l'&#233;lectricit&#233;, puis a pris le monopole des m&#233;dias et a aujourd'hui des tentacules au niveau international. L'argent appelle l'argent, dit le dicton, On pourrait &#233;galement dire dans le cas des Desmarais qu'il appelle aussi le pouvoir, puisque Paul entretient depuis les ann&#233;es 1960 des rapports &#233;troits avec nos dirigeants et ceux de l'&#233;tranger, s'&#233;tant notamment vu remettre, on n'a jamais r&#233;ussi &#224; savoir comment, l'insigne de la L&#233;gion d'honneur par Nicolas Sarkozy en 2008. Collusion et omerta ? C'est ce que pense Robin Philpot, qui a men&#233; une enqu&#234;te tr&#232;s approfondie sur cette famille bien sp&#233;ciale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tout le monde vous dira NON&lt;/i&gt;, d'Hubert Mansion ; &#201;ditions Michel Br&#251;l&#233;, octobre 2009 (364 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici la deuxi&#232;me &#233;dition d'un livre qui a &#233;t&#233; consacr&#233; comme la Bible du show-business en 2005. Eh oui, le show-business avec son strass, ses paillettes, ses bains au champagne et, bien s&#251;r, l'argent coulant &#224; flots. Combien sont celles et ceux qui ont r&#234;v&#233; ou r&#234;vent encore de cette vie de star mont&#233;e en &#233;pingle par des programmes t&#233;l&#233;visuels plus ou moins d&#233;bilitants ? Dans Tout le monde vous dira NON, Hubert Mansion, qui a cumul&#233; plus de 25 ans d'exp&#233;rience dans ce secteur d'activit&#233;s &#224; diff&#233;rents titres - de co-cr&#233;ateur du tube C'est l'amour dans les ann&#233;es 1980 &#224; avocat sp&#233;cialis&#233; dans les droits d'auteurs et professeur &#224; l'&#233;cole du show-business - fait table rase de tous les clich&#233;s et r&#233;alise une vraie photographie de l'industrie musicale. Recettes, marketing, trucages, contrats, argent, enjeux ; tout est trait&#233; avec profondeur, clart&#233; et un humour d&#233;capant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Sweet sixteen &#224; l'eau saline&lt;/i&gt;, de M&#233;lodie Nelson Extrait de Moebius N. 122, &#233;dition Masturbatorium Septembre 2009 (168 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Quand je serai grande, je vais &#234;tre chanteuse et mannequin six mois par ann&#233;e, le temps de me taper plein de mecs importants, des rockstars et des princes saoudiens, et de piquer des robes de Vivienne Westwood et de Roberto Cavalli Backstage. &#187; Ainsi d&#233;bute le texte tr&#232;s d&#233;concertant de M&#233;lodie Nelson, qui met dans cette nouvelle en vedette une jeune fille comme en pleuvent maintenant dans des s&#233;ries comme Sex and the City et Gossip Girl. Accro aux marques, hypersexu&#233;e et superficielle, cette petite Lolita se fait offrir pour ses 16 ans par ses parents un regonflage de seins dans les r&#232;gles de l'art. Nous la d&#233;couvrons alors qu'elle va les exhiber &#224; sa petite f&#234;te au cours de laquelle les termes &#171; see, sex and sun &#187; seraient plut&#244;t remplac&#233;s par ceux de &#171; drogue, sadisme et pornographie &#187;. Que retenir d'une telle lecture, si ce n'est un portrait peu reluisant d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration dont les valeurs ne sont plus humaines, mais purement mercantiles. Un exemple flagrant de ce que l'argent peut entra&#238;ner de pire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Propret&#233; en trois versions</title>
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		<dc:creator>Sophie Ginoux</dc:creator>


		<dc:subject>Revue litt&#233;raire</dc:subject>

		<description>&#171; Trouvez-moi en quinze secondes trois lectures r&#233;centes li&#233;es de mani&#232;re originale au th&#232;me de la propret&#233; ! &#187; Pari relev&#233; avec trois nouveaut&#233;s dans trois genres diff&#233;rents, mais dont les sujets se compl&#232;tent &#224; merveille : un coin de pays, la politique et le d&#233;veloppement durable. Le jardin de Peter Pan, Pierre Gobeil ; &#201;ditions Triptyque, hiver 2009 (104 pages) Ah, les &#206;les-de-la-Madeleine... Elles ne font pas en ce moment les plus beaux titres en raison de la pol&#233;mique de la chasse aux phoques dont (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Trouvez-moi en quinze secondes trois lectures r&#233;centes li&#233;es de mani&#232;re originale au th&#232;me de la propret&#233; ! &#187; Pari relev&#233; avec trois nouveaut&#233;s dans trois genres diff&#233;rents, mais dont les sujets se compl&#232;tent &#224; merveille : un coin de pays, la politique et le d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le jardin de Peter Pan&lt;/i&gt;, Pierre Gobeil ; &#201;ditions Triptyque, hiver 2009 (104 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ah, les &#206;les-de-la-Madeleine... Elles ne font pas en ce moment les plus beaux titres en raison de la pol&#233;mique de la chasse aux phoques dont une partie de ses habitants d&#233;fend &#226;prement la poursuite, mais elles demeurent pour beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois un de ces rares coins de pays encore sauvages, indompt&#233;s et, quelque part, mystiques. C'est ce que communique parfaitement Pierre Gobeil dans ce r&#233;cit qui met en parall&#232;le Liam, jeune p&#232;re de famille un peu perdu dans ses nouvelles responsabilit&#233;s et venu se chercher dans cette &#238;le qu'il adore, et l'&#238;le elle-m&#234;me, qui participe tout autant que ses habitants &#224; la fascination qu'on lui voue. M&#234;me si comme Liam les choses changent ici comme ailleurs, les forts vents, les embruns, la lumi&#232;re, jusqu'&#224; la notion du temps sont immuables. Et les pages de ce roman d&#233;filent comme une longue ode presque po&#233;tique &#224; la vie qui passe, mais aussi &#224; ce qui reste. Une belle lecture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Donat Toutlmonde, b&#234;te politique&lt;/i&gt;, de Malouin : &#201;ditions Gl&#233;nat Qu&#233;bec, mars 2009 (48 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que ce genre fait depuis longtemps fureur de l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique, la bande dessin&#233;e politique satirique n'est, en dehors de certains fanzines, presque inexistante au Qu&#233;bec. Pourquoi ? Nos politiciens sont-ils plus propres ou plus mor- nes qu'ailleurs ? Pas du tout, puisque chaque semaine r&#233;serve du c&#244;t&#233; de l'Assembl&#233;e nationale son lot de surprises. Alors, il &#233;tait plus que temps de s'exprimer sur le sujet, ce qu'a magistralement fait Malouin, un b&#233;d&#233;iste de la ville de Qu&#233;bec dont vous avez pu depuis longtemps voir les caricatures dans certains grands quotidiens qu&#233;b&#233;cois. Il nous fait p&#233;n&#233;trer dans l'entre de la colline parlementaire par la petite porte avec les yeux neufs d'un nouveau d&#233;put&#233;, Donat Toutlmonde, qui cultive plusieurs particularit&#233;s : celle de repr&#233;senter un nouveau comt&#233; inexistant jusqu'alors, Sainte-Poutine ; celle d'&#234;tre ind&#233;pendant de toute formation politique ; et celle de ne pas avoir sa langue dans sa poche. Arm&#233; de bonne volont&#233; et d'une vision assez syndicaliste de son milieu, il nous fait revivre de mani&#232;re assez dr&#244;le les &#233;v&#233;nements qui ont marqu&#233; l'actualit&#233; politique en 2009, de la pr&#233;sentation du budget scabreux de l'ancienne ministre des finances &#224; l'aventure du crucifix dans la salle de l'assembl&#233;e pendant le d&#233;bat sur les accommodements raisonnables. Plus beaucoup d'autres petites sc&#233;nettes tr&#232;s rigolotes en deux pages. Comme quoi on peut aussi rire des frasques de nos chers politiciens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Contes verts pour une plan&#232;te bleue&lt;/i&gt;, collectif ; &#201;ditions Michel Br&#251;l&#233;, paru le 11 mai 2009 (120 pages)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'environnement et sa pr&#233;servation sont au centre de beaucoup de discussions en ce moment, aussi apr&#232;s les essais d&#233;non&#231;ant la pollution et le r&#233;chauffement climatique, ainsi que les romans &#233;cologistes, voici des contes verts. N&#233;s de la volont&#233; de trouver une nouvelle voix pour sensibiliser les gens au d&#233;veloppement durable, ils ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s parmi d'autres au sein du premier Festival du conte environnemental, du 11 au 14 mai 2009. Dans ce charmant petit livre de format carr&#233; et imprim&#233; sur du papier recycl&#233;, on retrouve dix charmantes histoires cont&#233;es par autant de figures. Inventifs, &#233;mouvants ou dr&#244;les, dans un style toujours diff&#233;rent et d&#233;routant, ces dix petits r&#233;cits rendent un tr&#232;s bel hommage &#224; la nature et &#224; ce qu'elle a de cr&#233;ateur dans notre vie. &#192; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La langue de chez nous</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2009/volume-6/volume-6-no-1/article/la-langue-de-chez-nous</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2009/volume-6/volume-6-no-1/article/la-langue-de-chez-nous</guid>
		<dc:date>2009-04-18T22:29:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Ginoux</dc:creator>


		<dc:subject>Culturel</dc:subject>

		<description>En 2012, le Qu&#233;bec parlera-t-il majoritairement fran&#231;ais ? Les derniers chiffres de Statistiques Qu&#233;bec relatifs &#224; la ville de Montr&#233;al sont alarmistes &#224; ce sujet. &#171; Et ce que les Qu&#233;b&#233;cois font d&#233;j&#224; comme fautes de langue, c'est incroyable ! &#187;, ajoutent les francophones d'autres horizons qui se font souvent un devoir de corriger anglicismes et n&#233;ologismes de leurs cousins du Grand Nord. S'ils savaient cependant que la langue qu'ils critiquent est bien plus pure et dynamique que la leur, feraient-ils (...)

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&lt;a href="http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2009/volume-6/volume-6-no-1/" rel="directory"&gt;2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lorgane.org/mot/culturel" rel="tag"&gt;Culturel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2012, le Qu&#233;bec parlera-t-il majoritairement fran&#231;ais ? Les
derniers chiffres de Statistiques Qu&#233;bec relatifs &#224; la ville de
Montr&#233;al sont alarmistes &#224; ce sujet. &#171; Et ce que les Qu&#233;b&#233;cois
font d&#233;j&#224; comme fautes de langue, c'est incroyable ! &#187;, ajoutent
les francophones d'autres horizons qui se font souvent
un devoir de corriger anglicismes et n&#233;ologismes de leurs
cousins du Grand Nord. S'ils savaient cependant que la langue
qu'ils critiquent est bien plus pure et dynamique que la leur,
feraient-ils autant les fanfarons ? Voici un sujet &#224; quoi s'est
attaqu&#233; l'auteur Hubert Mansion tout au long d'un ouvrage
aussi &#233;clairant qu'explosif. Alors, puristes et gardiens de la
v&#233;rit&#233; langagi&#232;re, gare &#224; vous !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2012, le Qu&#233;bec parlera-t-il majoritairement
fran&#231;ais ? Les derniers
chiffres de Statistiques Qu&#233;bec
relatifs &#224; la ville de Montr&#233;al sont alarmistes
&#224; ce sujet. &#171; Et ce que les Qu&#233;b&#233;cois
font d&#233;j&#224; comme fautes de langue,
c'est incroyable ! &#187;, ajoutent les francophones
d'autres horizons qui se font souvent
un devoir de corriger anglicismes et
n&#233;ologismes de leurs cousins du Grand
Nord. S'ils savaient cependant que la
langue qu'ils critiquent est bien plus
pure et dynamique que la leur, feraientils
autant les fanfarons ? Voici un sujet &#224;
quoi s'est attaqu&#233; l'auteur Hubert Mansion
tout au long d'un ouvrage aussi
&#233;clairant qu'explosif. Alors, puristes et
gardiens de la v&#233;rit&#233; langagi&#232;re, gare &#224;
vous !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hubert Mansion, originaire de la
&#171; vieille Europe &#187;, s'exprime dans un
fran&#231;ais ch&#226;ti&#233; et, jusqu'&#224; tout r&#233;cemment,
consid&#233;rait lui aussi la parlure
qu&#233;b&#233;coise comme un reliquat d'un
autre temps ou comme la transformation
&#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; de termes typiquement
anglais. Il a m&#234;me abord&#233; cette
question de mani&#232;re humoristique dans
son livre Guide de survie des Europ&#233;ens &#224; Montr&#233;al,
qui a re&#231;u beaucoup de succ&#232;s des
deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes les certitudes de l'auteur ont vol&#233;
en &#233;clat un jour, perdu sur les routes du
Qu&#233;bec en compagnie de sa petite amie
Rachel, originaire de Chibougamau :
&#171; En s'adressant &#224; une personne pour
nous guider, raconte l'auteur, Rachel a
demand&#233; : &#171; Est-ce que ce chemin est allable ? &#187; Alors, je l'ai imm&#233;diatement corrig&#233;e : &#171; Rachel, on ne dit pas &#171; allable &#187;.
On dit &#171; praticable &#187;, &#171; carrossable &#187;, mais
&#171; allable &#187; est un mot qui n'existe pas. &#187; Et
j'ai profit&#233; d'un moment d'inattention
de sa part pour noter &#171; v&#233;rifier allable &#187;
sur un bout de facture d'Hydro-Qu&#233;bec.
&#201;videmment, je suis all&#233; par la suite
chercher ce mot, que je n'ai pas trouv&#233;
dans les dictionnaires usuels, mais bel
et bien dans un vieux livre de la Biblioth&#232;que
nationale&#8230; Et j'ai alors appris
qu'il avait &#233;t&#233; fran&#231;ais pendant plus de
six si&#232;cles ! Qui plus est, en tirant sur ce
mot, j'en ai d&#233;couvert plein d'autres. Si
bien que je me suis dit : &#171; Faisons table
rase de tout ce qu'on nous raconte au
sujet des anglicismes ou du fait que les
Qu&#233;b&#233;cois parlent mal, il faut que j'examine
cette question de mani&#232;re plus
approfondie. &#187; C'est ainsi que j'ai d&#233;couvert
que les Qu&#233;b&#233;cois parlent en fait un
fran&#231;ais tr&#232;s pur. &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&#171; Breuvage &#187;, un mot fran&#231;ais ?
C'est un scandale !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi une simple ballade peut
r&#233;server bien des surprises. Beaucoup
d'&#233;trangers, d'universitaires et
d'auteurs connus de la langue fran&#231;aise
doivent fr&#233;mir en entendant cet auteur
avancer que ce qu'ils corrigent impitoyablement
depuis si longtemps est peut-&#234;tre
totalement fauss&#233;. Hubert Mansion s'explique : &#171; Il faut comprendre que contrairement
&#224; ce qu'on a toujours dit, la
langue fran&#231;aise n'est pas n&#233;e dans la
r&#233;gion parisienne, mais dans l'ouest de la
France, puisque la petite cour fran&#231;aise
qui habitait sur place l'a emmen&#233;e avec
elle quand elle s'est d&#233;plac&#233;e &#224; Paris. Et
beaucoup de ces mots ont &#233;t&#233; par la suite
repris par les Anglais. Je dirais m&#234;me
qu'il y a bien plus de mots anglais qui
proviennent du fran&#231;ais que l'inverse.
Donc, on pense que bien des mots qu'on
utilise au Qu&#233;bec sont des anglicismes,
car ils se rapprochent d'un mot anglais
existant, mais en r&#233;alit&#233; il n'en est rien.
Par exemple, le mot &#171; breuvage &#187;, qui
semble &#234;tre une d&#233;clinaison de beverage,
est en fait &#224; l'origine de ce terme. Mieux
encore, ce mot, qui d&#233;signe une boisson
non alcoolis&#233;e ici, a perdu son v&#233;ritable
sens en France, o&#249; on l'utilise &#224; toutes
les sauces. Il est donc important de conna&#238;tre
l'histoire d'un mot avant de le critiquer.
Et c'est ce que je reproche justement
&#224; beaucoup de Fran&#231;ais, de Belges
et de puristes de tous crins. Ils ont des
id&#233;es absolument toutes faites sur la
langue fran&#231;aise, mais ils n'en connaissent
pas l'histoire v&#233;ritable. &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La langue du Qu&#233;bec : un exemple
de conservation et de
modernisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils seront effectivement surpris
d'apprendre que le mot &#171; abrier &#187; (couvrir
quelqu'un pour le tenir chaud), qui
n'a aucun synonyme en fran&#231;ais, existe
depuis mille ans, mais n'a &#233;t&#233; introduit
dans le Larousse que depuis deux ans.
Que les termes &#171; batcher &#187;, &#171; canceller &#187; et
&#171; barguigner &#187; sont parfaitement fran&#231;ais.
Que &#171; caucus &#187; et &#171; tabagie &#187; viennent
des Am&#233;rindiens. Et mieux encore,
qu'il n'existe aucun &#233;quivalent fran&#231;ais
aux mots &#171; frencher &#187; et &#171; refill &#187;. Hubert
Mansion d&#233;fend d'ailleurs &#226;prement
une position d'ouverture de la langue :
&#171; Ce que j'aime beaucoup de la langue
du Qu&#233;bec, c'est qu'elle a &#224; la fois conserv&#233;
de tr&#232;s vieux mots, mais qu'elle
est en m&#234;me temps capable d'en cr&#233;er
de nouveaux. Elle sait donc concilier
la modernit&#233; et l'anciennet&#233;. Et il y a
quand m&#234;me quelque chose du fran&#231;ais
que je trouve tr&#232;s malheureux, c'est que
le plus grand &#233;v&#233;nement de la langue
fran&#231;aise, ce soit une dict&#233;e. Alors, que
&#231;a n'a aucun sens ! Pourquoi la langue
fran&#231;aise est-elle toujours celle de la
r&#232;gle ? Comme si le fran&#231;ais devait par
essence &#234;tre ennuyeux et arbitraire ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici un beau pied de nez &#224; une tradition
souvent empes&#233;e et snob. Et nous
ne pouvons que constater que la v&#233;rit&#233;
n'est pas toujours l&#224; o&#249; on cherche.
Comme le dit finalement Hubert Mansion,
&#171; l'&#233;tymologie du mot &#171; &#233;tymologie &#187;
signifie la science du vrai. Pourtant, on
se rend compte que c'est tr&#232;s confus, en
v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th scope='col'&gt; &lt;strong&gt;101 mots &#224; sauver&lt;/strong&gt; &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td&gt; d'Hubert Mansion &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td&gt; &#201;ditions Michel Br&#251;l&#233; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Qu&#233;bec d'apr&#232;s Andr&#233; Pratte</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2006/volume-1/les-caricatures-de-mahomet/article/le-quebec-d-apres-andre-pratte</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2006/volume-1/les-caricatures-de-mahomet/article/le-quebec-d-apres-andre-pratte</guid>
		<dc:date>2006-02-14T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Ginoux</dc:creator>



		<description>Andr&#233; Pratte a support&#233; le parti Conservateur dans un &#233;ditorial de son journal, La Presse, avant les &#233;lections. &#192; quoi pensait-il ? Il explique ce qu'il pense du peuple qu&#233;b&#233;cois dans son dernier essai, &#171; Aux pays des merveilles &#187;. Est-il encore n&#233;cessaire de pr&#233;senter Andr&#233; Pratte ? &#201;ditorialiste en chef &#224; La Presse &#224; la plume aiguis&#233;e et &#233;l&#233;gante, il suscite &#224; la fois l'admiration et l'irritation. Observateur privil&#233;gi&#233; de la sc&#232;ne politique qu&#233;b&#233;coise et canadienne, ses prises de position, souvent mod&#233;r&#233;es, (...)

-
&lt;a href="http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2006/volume-1/les-caricatures-de-mahomet/" rel="directory"&gt;Les caricatures de Mahomet&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Pratte a support&#233; le parti Conservateur dans un &#233;ditorial
de son journal, La Presse, avant les &#233;lections. &#192; quoi pensait-il ? Il
explique ce qu'il pense du peuple qu&#233;b&#233;cois dans son dernier essai,
&#171; Aux pays des merveilles &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-il encore n&#233;cessaire de pr&#233;senter
Andr&#233; Pratte ? &#201;ditorialiste
en chef &#224; La Presse &#224; la plume
aiguis&#233;e et &#233;l&#233;gante, il suscite &#224;
la fois l'admiration et l'irritation.
Observateur privil&#233;gi&#233; de la sc&#232;ne politique
qu&#233;b&#233;coise et canadienne, ses prises
de position, souvent mod&#233;r&#233;es, parfois tranchantes,
ont fait de ses &#233;crits des incontournables
pour toute personne int&#233;ress&#233;e par
l'actualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'&#233;tait &#233;galement le cas avec Les
oiseaux de malheur paru aux &#233;ditions
VLB, un essai plus que critique &#224; l'endroit
d'un monde m&#233;diatique domin&#233; par le sensationnalisme
et la comp&#233;titivit&#233;. C'&#233;tait
encore le cas avec Le temps des girouettes,
une chronique originale et brillante de la
derni&#232;re campagne &#233;lectorale qu&#233;b&#233;coise.
La donne est toujours la m&#234;me avec son
dernier opus Aux pays des merveilles &#8211;
Essai sur les mythes politiques qu&#233;b&#233;cois,
qui para&#238;tra cette semaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, alors que nous sortons &#224; peine
d'une longue et hasardeuse campagne
&#233;lectorale f&#233;d&#233;rale, que plus globalement,
les scandales politiques ont tout autant
provoqu&#233; l'ire que la m&#233;fiance dans les
esprits des Canadiens, Andr&#233; Pratte s'&#233;loigne
des pol&#233;miques et nous surprend une
nouvelle fois avec un livre. Celui-ci relance
un d&#233;bat vieux de plus de 30 ans sur le statut
et l'avenir du Qu&#233;bec, de 150 m&#234;me, si
l'on tient compte de la premi&#232;re R&#233;bellion
de 1837-1838.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Que veulent exactement les Qu&#233;b&#233;cois
aujourd'hui ? &#187; Voici la question qui guide la
pens&#233;e de l'auteur en ce d&#233;but d'ouvrage.
Elle s'adresse aussi bien aux 20% de nationalistes
mous qu'&#224; ce plus grand nombre
d'ind&#233;cis, entre le quart et la moiti&#233; des
Qu&#233;b&#233;cois selon les statistiques, dont l'opinion
politique fluctue chaque mois entre
souverainet&#233; et f&#233;d&#233;ralisme. &#171; Le Qu&#233;bec,
dit l'auteur, compte effectivement beaucoup
de personnes h&#233;sitantes qui, depuis
des lunes, selon la conjoncture et les leaders,
changent de camp sans pour autant
s'identifier &#224; une cause en particulier. &#187;
Andr&#233; Pratte, tout comme Claude Bouchard
d'ailleurs, a fait partie de ce nombre.
S&#233;duit par l'id&#233;e d'une souverainet&#233;association
pr&#244;n&#233;e par Ren&#233; L&#233;vesque,
r&#233;volt&#233; par le malheureux discours de Jacques
Parizeau au sortir du r&#233;f&#233;rendum de
1995, respectueux de Pierre Trudeau et de
Claude Ryan, son cheminement politique a
longtemps oscill&#233; avant de se positionner
aujourd'hui dans un f&#233;d&#233;ralisme d'ouverture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais Aux pays des merveilles ne se veut
pas l'apologie d'un parti, encore moins d'un
syst&#232;me en particulier. Avec toute la pond&#233;ration
que nous lui connaissons, Andr&#233;
Pratte renvoie simplement dos &#224; dos les
arguments avanc&#233;s par les souverainistes
et les f&#233;d&#233;ralistes pour convaincre les Qu&#233;b&#233;cois
d'embrasser leur
cause. Une d&#233;marche
audacieuse qui revisite
notre histoire et nos pr&#233;jug&#233;s
pour nous prouver
que si, effectivement, un
r&#233;el foss&#233; s&#233;pare le Qu&#233;bec
des autres provinces
canadiennes en termes
de culture, de moeurs et
de vision, ce dernier s'est
v&#233;ritablement creus&#233;
&#224; cause d'erreurs commises de part et
d'autre par nos d&#233;cideurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les rendez-vous de conciliation entre ces
deux visions antith&#233;tiques et illusoires ont
en effet &#233;t&#233; aussi nombreux que cuisants.
Qu'il s'agisse des &#233;checs retentissants de
la formule Fulton-Favreau en 1964, de l'Accord
du Lac Meech de 1987 et de la D&#233;claration
de Calgary d'il y a neuf ans. Que
l'on pense aussi au terrible rapatriement
de la Constitution de 1982 ou encore &#224; l'effroyable
Nuit des longs couteaux de 1981.
Que l'on compare enfin l'irr&#233;alisable budget
souverainiste de Fran&#231;ois Legault et le
discours id&#233;aliste de la gouverneure g&#233;n&#233;rale
Michaelle Jean. On se rend compte au
terme de cette observation qu'autour de
nous deux mondes, deux solitudes, se font
face sans vouloir v&#233;ritablement dialoguer.
Alors, &#224; l'option d'un Qu&#233;bec souverain
aux allures de &#171; village d'Ast&#233;rix &#187; et &#224; celle
d'un Canada merveilleux dans lequel les
nationalismes sont d&#233;pass&#233;s et les blessures
du pass&#233; cicatris&#233;es, l'auteur pr&#233;f&#232;re
la vision d'un pays conf&#233;d&#233;r&#233; aux racines
multiples et respect&#233;es. Un pays qui, &#224; ses
yeux, ne se porte pas si mal que cela et aura
tr&#232;s rapidement des d&#233;fis majeurs &#224; relever&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec toute la pond&#233;ration que nous
lui connaissons, Andr&#233; Pratte renvoie
simplement dos &#224; dos les arguments
avanc&#233;s par les souverainistes et
les f&#233;d&#233;ralistes pour convaincre les
Qu&#233;b&#233;cois d'embrasser leur cause&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'&#233;chelle mondiale. Des enjeux d'ailleurs
si cruciaux qu'il nous faudra d&#233;passer le
stade de nos querelles intestines si nous
souhaitons leur faire face intelligemment.
&#171; Nous avons le choix, conclut-il dans son
ouvrage. Nous pouvons continuer de r&#234;ver
[&#8230;] ou bien nous sortir de notre torpeur,
observer sans complaisance ce qui se
passe r&#233;ellement &#224; l'int&#233;rieur de nos murs
et au-del&#224;, et nous d&#233;cider enfin &#224; r&#233;agir. &#187;
Une analyse qui fera certainement couler
beaucoup d'encre, dont la pertinence sera
peut-&#234;tre &#224; m&#234;me de faire r&#233;fl&#233;chir nos
d&#233;cideurs et nos concitoyens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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