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	<title>l'Organe magazine, Montr&#233;al</title>
	<link>http://www.lorgane.org/</link>
	<description>l'Organe est un magazine th&#233;matique mensuel, francophone et &#233;tudiant bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Universit&#233; Concordia.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Violence conjugale</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/L-Autre/article/violence-conjugale</link>
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		<dc:date>2008-04-01T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Claude Frenette</dc:creator>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>Au centre Regard en Elle, maison pour femmes victimes de violence conjugale, c'est brique par brique qu'on apprend aux Sylvie, Marie-Th&#233;r&#232;se, Diane ou Anabelle &#224; d&#233;construire ce &#171; mur de la peur &#187; qui obstrue toute vision qu'elles pourraient avoir de leur droit &#224; une vie saine et meilleure. Toutefois, les &#233;l&#233;ments qui composent cette fa&#231;ade ne sont pas n&#233;cessairement les premiers qui nous viennent &#224; l'esprit. En effet, lors de certains ateliers appel&#233;s &#171; th&#233;matiques &#187;, les femmes violent&#233;es sont amen&#233;es &#224; (...)

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&lt;a href="http://www.lorgane.org/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au centre Regard en Elle, maison pour femmes victimes de
violence conjugale, c'est brique par brique qu'on apprend
aux Sylvie, Marie-Th&#233;r&#232;se, Diane ou Anabelle &#224; d&#233;construire
ce &#171; mur de la peur &#187; qui obstrue toute vision qu'elles pourraient
avoir de leur droit &#224; une vie saine et meilleure. Toutefois,
les &#233;l&#233;ments qui composent cette fa&#231;ade ne sont pas
n&#233;cessairement les premiers qui nous viennent &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, lors de certains ateliers
appel&#233;s &#171; th&#233;matiques &#187;, les femmes
violent&#233;es sont amen&#233;es &#224;
illustrer litt&#233;ralement un mur de briques
symbolisant les causes de l'effroi
qui les habite. Or, ce n'est pas les mots
&#171; injures &#187;, &#171; coups de poing &#187; et &#171; menaces &#187; qui apparaissent au tableau.
L'agr&#233;gat semble plut&#244;t assembl&#233; la plupart
du temps par les termes &#171; estime de
soi &#187;, &#171; honte &#187; et &#171; pr&#233;jug&#233;s &#187;. &#171; Beaucoup
de femmes ont de la difficult&#233; &#224; parler
parce qu'elles ont peur d'&#234;tre jug&#233;es par
leur entourage &#187;, explique la directrice
de la maison Regard en Elle, Nathalie
Lemieux. Bacheli&#232;re en psychologie,
elle indique que quitter un conjoint
implique souvent des cons&#233;quences
qui font qu'une telle d&#233;cision ne se
prend pas du jour au lendemain. &#171; Ce
n'est pas si simple par exemple quand
tu as des enfants, &#231;a implique quitter
un quartier, un voisinage ou m&#234;me un
emploi. &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La peur de soi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re question que je pose &#224;
quelqu'un qui nous rejoint par t&#233;l&#233;phone,
c'est &#8220;qu'est-ce qui se passe ?&#8221; &#187;,
confie Mari-Jo Landry, travailleuse
sociale et intervenante aupr&#232;s de la jeunesse
&#224; Regard en Elle. Aussi banale que
cette phrase puisse para&#238;tre, elle secoue
la majorit&#233; des femmes qui l'entendent.
Pour la premi&#232;re fois, on les questionne
sur ce qu'elles vivent. Leur d&#233;confiture
leur est refl&#233;t&#233;e comme dans un miroir.
De cette discussion na&#238;t un p&#233;rilleux
cheminement qui les am&#232;nera &#224; prendre
conscience du cercle vicieux dans
lequel elles sont prises, le cycle de la
violence conjugale (voir encadr&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les intervenants tentent en premier
lieu de faire cheminer une femme
meurtrie par rapport &#224; elle-m&#234;me, au
lieu de directement la confronter &#224; la
s&#233;paration. Selon l'Institut national
de sant&#233; publique du Qu&#233;bec (INSP),
l'une des raisons fondamentales pour
lesquelles une femme reste avec son
conjoint violent est l'espoir de changement.
&#171; L'homme violent repr&#233;sente &#224; la
base une personne qu'elles ont aim&#233;e,
chez qui elles ont trouv&#233; des qualit&#233;s
fondamentales et qui est souvent le
p&#232;re de leurs enfants &#187;, ajoute Landry.
Les convaincre de quitter l'agresseur
n'est pas n&#233;cessairement la premi&#232;re
solution.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme violent repr&#233;sente
&#224; la base une personne
qu'elles ont aim&#233;e,
chez qui elles ont trouv&#233;
des qualit&#233;s fondamentales
et qui est souvent le
p&#232;re de leurs enfants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;
Les aidantes vont donc commencer
par travailler avec la victime sur le plan
personnel et &#233;motionnel. Les intervenantes
consid&#232;rent plut&#244;t la r&#233;sidence
Regard en Elle comme un coffre &#224; outils
o&#249; leurs prot&#233;g&#233;es puisent des ressources
et des trucs. &#171; On les aide &#224; reprendre
confiance en elles, &#224; cibler leurs
int&#233;r&#234;ts, leurs comp&#233;tences. C'est r&#233;apprendre
&#224; &#234;tre pour reprendre le pouvoir
qu'elles ont perdu &#187;, indique Lemieux.
L'INSP souligne effectivement que
contrairement &#224; la croyance populaire,
la violence conjugale ne se traduit pas
par une &#171; perte de contr&#244;le &#187;, mais bien
par une &#171; prise de contr&#244;le &#187; volontaire
de la part d'un individu.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Tabous, mythes et statistiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans des situations aussi d&#233;licates
et subjectives, il s'agit d'ausculter &#224; la
loupe tous les facteurs. Par exemple, la
violence en tant que telle ne constitue
qu'un aspect de la probl&#233;matique conjugale,
qui elle-m&#234;me est multiforme.
&#171; La violence verbale, psychologique,
&#233;conomique [monopole des finances] et
sexuelle ne sont pas non plus &#224; n&#233;gliger.
La blessure physique ne vient souvent
qu'en dernier recours, quand les autres
tactiques de manipulation ne fonctionnent
plus &#187;, confirme Isabelle Vanasse,
coordonnatrice des services psychosociaux
courants du CLSC Le Meilleur, &#224;
Repentigny. &#201;tant mieux inform&#233;es des
diff&#233;rentes formes d'agression, les femmes
h&#233;sitent de moins en moins &#224; aller
chercher du soutien. Elles sont aussi
de plus en plus nombreuses &#224; d&#233;tecter
&#224; l'avance une situation qui pourrait
d&#233;g&#233;n&#233;rer, et donc &#224; ne plus attendre la premi&#232;re violence pour demander de
l'aide. &#171; On ne le r&#233;p&#233;tera jamais assez,
la violence verbale, &#231;a reste de la violence &#187;, insiste Landry.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Hommes battus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude effectu&#233;e en juin 2007 par
l'Enqu&#234;te sociale g&#233;n&#233;rale (ESG) de Statistiques
Canada a soulev&#233; un toll&#233; en
sugg&#233;rant qu'au Qu&#233;bec, les hommes
&#233;taient davantage victimes de violence
conjugale que les femmes. &#171; Un homme
sur 66 et une femme sur 70 ont &#233;t&#233;
victimes de violence de la part de leur
conjoint ou d'un ex-conjoint &#187;, selon
l'analyse qu'a fait l'Institut de la statistique
du Qu&#233;bec des donn&#233;es recueillies
par l'ESG. Ces r&#233;sultats contrediraient
ceux des autorit&#233;s polici&#232;res, ainsi que
ceux de l'INSP, selon lequel 13 840 femmes
ont fait l'objet de violences conjugale
en 2003, contre 2 618 hommes. Du
c&#244;t&#233; des CLSC, Vanasse, tout en &#233;tant
pleinement consciente de l'existence du
ph&#233;nom&#232;ne, avoue ne jamais avoir rencontr&#233;
elle-m&#234;me de cas d'hommes violent&#233;s.
Du point de vue de la directrice
de Regard en Elle, Nathalie Lemieux,
la soci&#233;t&#233; subirait encore les effets du
syst&#232;me patriarcal dominant. Sans
entrer dans la guerre entre f&#233;ministes
et masculinistes, la directrice maintient
que les acc&#232;s de col&#232;re viennent toujours
plus rapidement et facilement
chez l'homme. &#171; On n'a seulement qu'&#224;
constater le nombre d'hommes en prison
comparativement au nombre de
femmes &#187;, fait-elle remarquer. Selon les
donn&#233;es de Statistiques Canada pour la
p&#233;riode 2004-2005, les femmes repr&#233;sentaient
5 % de la population carc&#233;rale
nouvellement admise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux intervenantes ont aussi rappel&#233;
qu'il ne fallait pas m&#233;langer &#171; violence &#187; et
&#171; l&#233;gitime d&#233;fense &#187;. &#171; Il arrive parfois que
des hommes portent plainte contre leur
conjointe alors qu'ils l'avaient d'abord
violent&#233;e &#187;, souligne Isabelle Vanasse.
Elle prend toutefois soin de pr&#233;ciser qu'il
ne faut pas banaliser la situation des
hommes qui pourraient avoir subi de la
violence conjugale. &#171; Une violence verbale
de la part d'une femme peut &#234;tre tout
aussi nocive &#187;, ench&#233;rit-elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2004, 86 % des femmes violent&#233;es
se trouvant dans un refuge fuyaient
des violences psychologiques ou &#233;motives,
68 % des violences physiques,
50 % des menaces, 46 % une exploitation
financi&#232;re, 31 % un harc&#232;lement,
et 27 % la violence sexuelle.
Source : Statistiques Canada&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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