<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>l'Organe magazine, Montr&#233;al</title>
	<link>http://www.lorgane.org/</link>
	<description>l'Organe est un magazine th&#233;matique mensuel, francophone et &#233;tudiant bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Universit&#233; Concordia.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre de l'invisible</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/L-Autre/article/la-guerre-de-l-invisible</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/L-Autre/article/la-guerre-de-l-invisible</guid>
		<dc:date>2008-04-01T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-H&#233;l&#232;ne Lafond</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>Ami aujourd'hui, ennemi demain, qui est cet autre, cet acteur inconnu ? Personne ne le voit ni ne lui parle. Traqu&#233; dans une guerre traditionnelle, l'autre est invisible. Il prend des formes multiculturelles, religieuses, frontali&#232;res ou politiques. Personne ne conna&#238;t sa forme mais il a pourtant &#233;t&#233; baptis&#233; sous le nom de &#171; terrorisme &#187;. Un concept, une abstraction, une id&#233;e floue : la communaut&#233; internationale n'a pu s'entendre sur une d&#233;finition claire du terrorisme. D&#232;s 1937, la Soci&#233;t&#233; des nations, (...)

-
&lt;a href="http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/L-Autre/" rel="directory"&gt;L'Autre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.lorgane.org/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ami aujourd'hui, ennemi
demain, qui est cet autre,
cet acteur inconnu ? Personne
ne le voit ni ne lui parle.
Traqu&#233; dans une guerre
traditionnelle, l'autre est invisible.
Il prend des formes
multiculturelles, religieuses,
frontali&#232;res ou politiques.
Personne ne conna&#238;t
sa forme mais il a pourtant
&#233;t&#233; baptis&#233; sous le nom de
&#171; terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un concept, une abstraction,
une id&#233;e floue : la communaut&#233;
internationale n'a pu s'entendre
sur une d&#233;finition claire du terrorisme.
D&#232;s 1937, la Soci&#233;t&#233; des nations,
anc&#234;tre de l'Organisation des Nations
Unies (ONU), a tent&#233; d'adopter une d&#233;fi-
nition commune pour sa pr&#233;vention.
Toutefois, sans accord entre les &#201;tats,
le processus a rapidement &#233;t&#233; abandonn&#233;.
M&#234;me chose apr&#232;s des ann&#233;es
de d&#233;bats au sein de l'ONU. M&#234;me la
Cour p&#233;nale internationale a d&#251; exclure
le terrorisme de son champ d'expertise
faute d'une d&#233;finition, et ce, bien que la
Cour juge et sanctionne un large &#233;ventail
de crimes, du g&#233;nocide aux crimes
de guerre. Une d&#233;finition commune
s'av&#232;re toujours impossible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le mot terrorisme est n&#233;gatif. Certes,
on veut le d&#233;finir, mais personne
ne veut &#234;tre &#233;tiquet&#233; ou accus&#233; de terrorisme
t&#244;t ou tard. On pr&#233;f&#232;re les termes
de guerriers de la libert&#233; &#187;, explique Alex
Macleod, directeur du Centre d'&#233;tudes
des politiques &#233;trang&#232;res et de s&#233;curit&#233;
(CEPES), initiative conjointe de l'UQAM
et de Concordia. Certains voient dans
le terrorisme une forme de r&#233;sistance
h&#233;ro&#239;que, d'autres, une volont&#233; de blocage
politique. &#171; Penser que les terroristes
cherchent &#224; prendre le pouvoir
n'est pas toujours vrai. On parle plus
de recherche de la reconnaissance, de
la recherche d'un impact &#187;, poursuit
Macleod.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si une d&#233;finition claire du terrorisme
&#233;tait adopt&#233;e, une r&#233;ponse politique ou
militaire de la communaut&#233; internationale
dans la lutte au terrorisme serait
plus l&#233;gitime et mieux articul&#233;e autour
d'un regroupement de pays ayant les
m&#234;mes objectifs. Ainsi, l'adoption
d'une d&#233;finition internationale du
terrorisme &#233;quivaudrait &#224; d&#233;finir les
groupes terroristes, et donc &#224; l&#233;gitimer
la pr&#233;vention de cette menace par une
action militaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'impr&#233;cision qui r&#232;gne actuellement
&#171; est d'ailleurs encourag&#233;e par les
m&#233;dias &#187;, &#233;crit Johann Soufi, professeur
de droit international humanitaire &#224;
l'Universit&#233; Paris XI, dans son m&#233;moire
Vers une d&#233;finition universelle du terrorisme ?.
&#171; Leur objectif, qui est de transmettre
une information souvent complexe en
un minimum de temps, les a conduit
&#224; taxer de &#8220;terrorisme&#8221; une tr&#232;s large
gamme d'actions violentes. &#187; La violence,
la rapidit&#233;, la soudainet&#233; du terrorisme
cr&#233;ent des images choquantes.
Son c&#244;t&#233; dramatique, souvent spectaculaire,
attire un large public, et les
m&#233;dias ne peuvent faire abstraction de
cette fascination.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La m&#233;fiance r&#232;gne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; La s&#233;curit&#233; de notre nation et celle de
nos collectivit&#233;s sont &#233;troitement li&#233;es
&#224; la politique que nous appliquons sur
notre territoire et &#224; l'&#233;tranger en mati&#232;re
de lutte contre le terrorisme &#187;, proclamait
Bill Clinton en ao&#251;t 1996, lors de
la campagne &#233;lectorale qui le m&#232;nerait
&#224; un deuxi&#232;me mandat. &#171; Nous ne pouvons
faire progresser notre soci&#233;t&#233; sans
aussi encourager le progr&#232;s aux quatre
coins du monde. Nous ne pouvons
att&#233;nuer les menaces que fait peser le
terrorisme sur notre peuple sans aussi
r&#233;duire celles qu'il fait peser hors de nos
fronti&#232;res. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#233;ussir &#224; &#233;radiquer le
terrorisme par des strat&#233;gies
militaires est une
chose tr&#232;s rare. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;
Bien des gouvernements, les &#201;tats-
Unis en t&#234;te, ont d&#251; revoir leurs strat&#233;gies
de s&#233;curit&#233; nationale pour contrer
la menace terroriste. &#192; la suite des
attentats du 11 septembre, l'administration
am&#233;ricaine n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; cr&#233;er
son bureau de la Homeland Security, sorte
de super agence du renseignement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certaines arm&#233;es, dont celle des
&#201;tats-Unis, s'organisent maintenant
autour de cinq objectifs strat&#233;giques :
anticipation, intervention, pr&#233;vention,
protection et dissuasion. L'anticipation
regroupe la fonction du renseignement.
En recueillant eux-m&#234;mes des renseignements,
les gouvernements esp&#232;rent
devenir autonomes, puisque l'ami
d'aujourd'hui est peut-&#234;tre l'ennemi de
demain. On ne se limite toutefois pas &#224;
espionner son voisin ou &#224; douter de sa
collaboration, puisqu'un important dispositif
de partage d'information pour la
lutte contre le terrorisme a &#233;galement
&#233;t&#233; mis en branle, particuli&#232;rement &#224; la
suite de l'&#233;chec des services am&#233;ricains
du renseignement &#224; pr&#233;venir les attentats
du 11 septembre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pr&#233;vention se traduit souvent par
des interventions militaires comme
celles de l'Irak et de l'Afghanistan, ce
que certains chercheurs critiquent,
avan&#231;ant que les op&#233;rations militaires
ext&#233;rieures devraient &#234;tre r&#233;duites pour
laisser davantage de place &#224; la diplomatie
et &#224; la n&#233;gociation. Malgr&#233; tout, les
obligations internationales d'entraide
et de protection des pays vuln&#233;rables
au terrorisme, les pays du tiers monde
&#233;tant souvent vis&#233;s, sont devenues une
strat&#233;gie de lutte au terrorisme. Mais
pour le directeur du CEPES, cette strat&#233;gie
n'est pas adapt&#233;e &#224; la situation. &#171; Les
op&#233;rations militaires sont limit&#233;es &#187;,
dit-il. &#171; Elles ne touchent qu'une partie
superficielle du probl&#232;me. R&#233;ussir &#224;
&#233;radiquer le terrorisme par des strat&#233;gies
militaires est une chose tr&#232;s rare,
sauf pour quelques cas, comme la Russie
et la Tch&#233;tch&#233;nie, mais &#224; quel prix ?
Les &#201;tats-Unis ne pouvaient pas ne pas
r&#233;pliquer [aux attentats du 11 septembre]. &#187; En cinq ans, plus de 4 000 soldats
ont trouv&#233; la mort en Irak, dont une
grande majorit&#233; d'Am&#233;ricains. De ce
nombre, 40 % ont p&#233;ri dans des attentats
pi&#233;g&#233;s. L'intervention militaire
irakienne n'ayant pas pu emp&#234;cher la
propagation d'attentats terroristes, il
semble que cette gu&#233;rilla ne se gagnera
qu'en compl&#233;tant l'op&#233;ration par des
moyens diplomatiques et politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sept ans apr&#232;s la chute des tours
du World Trade Center, le bilan de la
guerre am&#233;ricaine en Irak est tr&#232;s sombre
et la guerre contre le terrorisme n'a
toujours pas atteint son ultime but,
souvent per&#231;u comme inaccessible.
L'autre est toujours pr&#233;sent. Le terrorisme,
tout comme sa d&#233;finition, rel&#232;ve
de l'interpr&#233;tation culturelle que tout
un chacun en fait. La place de cet autre
dans le monde bouscule bien des choses
et la fin du terrorisme semble inatteignable.
Alex Macleod, quant &#224; lui,
est pessimiste : &#171; Jamais, jamais cette
guerre ne se terminera. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
