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	<title>l'Organe magazine, Montr&#233;al</title>
	<link>http://www.lorgane.org/</link>
	<description>l'Organe est un magazine th&#233;matique mensuel, francophone et &#233;tudiant bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Universit&#233; Concordia.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>L'exp&#233;rience de Milgram</title>
		<link>http://www.lorgane.org/Contenu/Archives/2008/Volume-5/L-Autre/article/l-experience-de-milgram</link>
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		<dc:date>2008-04-01T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vera Zabeida</dc:creator>


		<dc:subject>Sciences et technologies</dc:subject>

		<description>&#171; Ce n'est pas moi, c'est l'autre ! &#187; Combien de fois avons-nous dis cela &#233;tant enfant pour ne pas nous faire bl&#226;mer d'avoir cass&#233; la tasse jaune citron de papa ou d'avoir accidentellement jet&#233; &#224; la poubelle les importants papiers de maman ? L'autre, &#231;a pouvait &#234;tre n'importe qui, mais pas nous ! Malgr&#233; ce que l'on pourrait croire, ce syndrome de d&#233;l&#233;gation des responsabilit&#233;s ne se dissiperait pas avec l'&#226;ge. C'est ce qu'a d&#233;couvert Stanley Milgram en 1963 dans une s&#233;rie d'exp&#233;riences portant sur (...)

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&lt;a href="http://www.lorgane.org/mot/sciences-et-technologies" rel="tag"&gt;Sciences et technologies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas moi, c'est l'autre ! &#187; Combien de fois avons-nous dis cela &#233;tant
enfant pour ne pas nous faire bl&#226;mer d'avoir cass&#233; la tasse jaune citron de
papa ou d'avoir accidentellement jet&#233; &#224; la poubelle les importants papiers de
maman ? L'autre, &#231;a pouvait &#234;tre n'importe qui, mais pas nous !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; ce que l'on pourrait
croire, ce syndrome de d&#233;l&#233;gation
des responsabilit&#233;s
ne se dissiperait pas avec l'&#226;ge. C'est ce
qu'a d&#233;couvert Stanley Milgram en 1963
dans une s&#233;rie d'exp&#233;riences portant
sur l'ob&#233;issance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Choqu&#233;, comme tant d'autres, par
les atrocit&#233;s de la Seconde Guerre Mondiale,
Milgram a voulu comprendre ce
qui pouvait inciter des gens apparemment
sains d'esprit &#224; commettre ces crimes.
C'est de ce questionnement qu'a
d&#233;coul&#233; l'une des exp&#233;riences les plus
consternantes sur la nature humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette exp&#233;rience avait pour but de
mesurer la limite de l'ob&#233;issance des
individus aux ordres d'un sup&#233;rieur
si la responsabilit&#233; de leurs actions
&#233;tait prise en charge par celui-ci. On
a donc recrut&#233; des volontaires par le
biais d'une annonce pass&#233;e dans un
journal local, disant que l'on cherchait
des participants &#224; une exp&#233;rience sur
la m&#233;moire. Les volontaires &#233;taient
r&#233;mun&#233;r&#233;s, mais faiblement. Il y avait
trois participants lors des exp&#233;riences :
l'exp&#233;rimentateur, le volontaire,
et un acteur qui avait &#233;t&#233; engag&#233; pour
les besoins de l'exp&#233;rience, mais qui se
pr&#233;sentait comme un volontaire. Par le
biais d'un tirage truqu&#233;, on assignait
le r&#244;le de &#171; professeur &#187; au volontaire et
celui d'&#171; &#233;tudiant &#187; &#224; l'acteur. Le professeur
devait tester l'&#233;tudiant et lui administrer
&#224; chaque mauvaise r&#233;ponse une
d&#233;charge &#233;lectrique dont l'intensit&#233;
&#233;tait variable : de minime, elle pouvait
devenir fatale. Tout au long de l'exp&#233;rience,
l'exp&#233;rimentateur se trouvait
dans la m&#234;me salle que le professeur
et l'&#233;l&#232;ve et ordonnait au professeur
d'augmenter les chocs &#224; mesure que
l'exp&#233;rience progressait, et ceci, malgr&#233;
les protestations v&#233;h&#233;mentes de
l'&#233;tudiant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, 65 % des volontaires sont all&#233;s
jusqu'au bout, soit jusqu'&#224; administrer
la d&#233;charge &#233;lectrique mortelle &#224; l'&#233;tudiant.
Aucun expert ne s'attendait &#224; de
tels r&#233;sultats. Selon les pr&#233;visions, seuls
2 % des individus devaient aller jusqu'&#224;
la dose fatale, et il aurait alors fallu les
consid&#233;rer comme des psychopathes.
Depuis, l'exp&#233;rience a &#233;t&#233; reproduite
sous plusieurs formes, sur plusieurs
continents, et sur une longue p&#233;riode.
Les r&#233;sultats ? Toujours les m&#234;mes. Le
test a mis en jeu des hommes et des
femmes, et on a observ&#233; que cette variable
n'avait aucune influence sur les
r&#233;sultats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que peut-on tirer de cette &#233;tude ? La
plus grande le&#231;on r&#233;side dans le fait
qu'une personne ordinaire peut commettre
des actes atroces lorsqu'elle
entre dans une structure hi&#233;rarchique
o&#249; sa conscience est mise en veilleuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &#233;tude a suscit&#233; de nombreuses
controverses sur le plan &#233;thique et
m&#233;thodologique. Martin Orne, l'un de
ces critiques, affirme que le sujet d'une
exp&#233;rimentation a le d&#233;sir d'&#234;tre effi-
cace et utile. Il est donc possible qu'il
s'en remette souvent &#224; l'expertise de
l'exp&#233;rimentateur quant &#224; la s&#233;curit&#233;
et au caract&#232;re moral de l'exp&#233;rience, ce
que l'on nomme le &#171; pacte d'ignorance &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour appuyer sa th&#233;orie, Orne a
men&#233; une exp&#233;rience dans laquelle il
a demand&#233; &#224; des sujets de lancer un
serpent ou du vitriol au visage d'un
inconnu. La majorit&#233; des sujets ont
ob&#233;i sans broncher, se justifiant par le
fait qu'&#233;tant dans une clinique de psychologie
exp&#233;rimentale, ils croyaient
que l'exp&#233;rience &#233;tait truqu&#233;e. D'autres
critiques se sont aussi questionn&#233;s sur
l'&#233;thique de cette exp&#233;rience en raison
du consid&#233;rable choc nerveux qu'ont
ressenti les sujets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; toutes ces critiques, Milgram a
r&#233;pondu que les vid&#233;os de l'exp&#233;rience
confirmaient que les sujets avaient ressenti
une immense tension psychologique,
ce qui allait donc &#224; l'encontre de
la th&#232;se du pacte d'ignorance. De plus,
selon Milgram, les sujets interrog&#233;s &#224;
la suite de l'exp&#233;rience se disaient heureux
d'avoir particip&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; les r&#233;sultats plut&#244;t pessimistes
de cette exp&#233;rience, on pourrait
aussi consid&#233;rer la nature humaine
sous l'autre angle : celui des gens qui ne
sont pas all&#233;s jusqu'au bout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fran&#231;ois Rochat et Andr&#233; Modigliani,
tous deux professeurs &#224; l'Universit&#233; du
Michigan, ont compar&#233; les r&#233;actions
des sujets d&#233;sob&#233;issants &#224; celles des
habitants d'un village fran&#231;ais qui ont
contribu&#233; &#224; sauver la vie de milliers de
Juifs entre 1940 et 1944. Ils en ont conclu
que ces gens &#233;taient tout simplement des
&#234;tres humains, et non des h&#233;ros ou des
saints, ce qui prouve que &#171; l'ordinaire de
la bont&#233; est une r&#233;alit&#233; humaine aussi
tangible que la banalit&#233; du mal &#187;. L'enqu&#234;te
a &#233;galement r&#233;v&#233;l&#233; que, bien que
des motivations personnelles &#233;videntes
&#233;taient &#224; l'&#339;uvre, la r&#233;ussite a surtout
&#233;t&#233; due &#224; l'action collective des individus.
Milgram a lui-m&#234;me observ&#233; que
&#171; la r&#233;sistance &#224; l'autorit&#233; malveillante
doit &#234;tre enracin&#233;e dans l'action collective
si elle veut &#234;tre v&#233;ritablement effi-
cace. &#187; Autrement dit, &#171; quand un individu
veut se dresser contre l'autorit&#233;, le
meilleur moyen pour lui d'y parvenir
est de s'appuyer sur le groupe auquel
il appartient : la solidarit&#233; reste notre
rempart le plus efficace contre les exc&#232;s
de l'autorit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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